Le Zénith
de M. Fuksas

Ellipse rouge dans le paysage architectural amiénois, le Zénith compte parmi les réalisations de ce que l’on nomme désormais la période « des grands architectes » (1989-2006). Venezia, Chaix & Morel, Gaudin, Richard, Dubus & Lott, Juan Roig & Battle, Vasconi, quelques-uns des meilleurs cabinets d’architecture sur la scène internationale se sont penchés sur la restructuration ambitieuse de la capitale régionale. Parmi eux, le trublion italien Massimiliano Fuksas, reconnu pour son approche non conventionnelle de l’architecture. En lui confiant la conception du 16ème zénith de France, c’était faire le pari d’un édifice atypique marqué par la haute technicité et l’Art.

C’est face au projet de Zénith Chaix & Morel, déjà signataires du Stade de la Licorne d’Amiens, que Massimiliano Fuksas imposera le sien en 2003. L’homme, diplômé de l’université d’architecture de Rome en 1969, s’est déjà forgé une solide réputation sur l’échiquier européen ; Grand prix national d’architecture en 1999, Directeur de la Biennale de Venise en 2000, de multiples récompenses en design… Ses réalisations, le pôle d’exposition de la Foire de Milan, le Centre de recherches et l’auditorium Nardini, le Blob d’Eindhoven révèlent un travail d’une grande richesse de styles, la recherche de nouveaux concepts et l’affirmation d’une architecture sculpturale, minimaliste avec une indéniable composante artistique. Ce rapport privilégié avec le monde de l’Art, cette distanciation du dogme de l’architecture pour l’architecture, s’inscrit dans la suite de sa formation initiale de peintre. Profondément marqué par la force de l’Opéra de Sydney de Jorn Utzon et à l’image des Frank Gehry, Norman Foster, Richard Meier, Paul Andreu, Massiliano Fuksas fera de la « courbe » et de la haute technicité les paradigmes de son œuvre. Il faut voir dans le vocabulaire architectural du Centre d’affaires De Cecco réalisé en Italie, les prémices de ce que sera la salle de spectacles amiénoise de 6000 places. Une forme elliptique conçue comme un élément sculptural, monumental, bénéficiant des avancées technologiques de ce début du XXIème siècle. Posé sur 250 pieux plantés jusqu’à 15m de profondeur dans les marais, particularité du terrain dans ce secteur Ouest de la ville, l’édifice bénéficie d’une emprise au sol de 6800m2. Son dôme dont le sommet culmine à 24 mètres est recouvert d’une toile de 5500m2 composée de 180 lés verticaux de toile PVC rouge écarlate d’une hauteur moyenne de 16 mètres. Squelette de l’édifice, sa coque en béton circulaire s’élève à 18 mètres pour un diamètre de 80 mètres. De ce tourbillon de mesures et de chiffres, émerge pourtant un bâtiment d’une grande fluidité, d’une belle légèreté répondant aux critères techniques requis pour une salle de spectacle modulable de 4000m2, tout en insufflant une liberté esthétique. Fuksas aura, avec ce joyau architectural inauguré en septembre 2008, réussi le pari d’inscrire Amiens dans le XXIème siècle, tout en lui offrant, dans un certain sens, sa première œuvre d’art Landscape. Il livrera à Strasbourg, quelques mois après celui d’Amiens, le premier zénith européen mais aussi le plus grand de France.

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www.fuksas.it

www.zenith-amiens.fr
www.amiens-tourisme.com

Auteur : Pascal Sanson
Photographe : Gaël Clariana