Isotope

Alicia, Pauline & Marie-Anne, collectif Isotope

Collectif Isotope

Piscines, colonies spatiales, utopie, teatime, fenêtres, pin up, ville flottante à l’évocation de ces simples mots, Pauline Di Valentin, Marie-Anne Wachnicki et Alicia André, fédérées au sein du collectif de créateurs Isotope, bâtissent des « rêves en miniature ». Sous forme d’illustration, de vidéographie, de linogravure, de design objet ou de sculpture sous globe, leurs univers naïfs se déclinent à l’infini. Soucieuses de perpétuer d’anciennes techniques mais aussi les deux pieds dans la culture numérique, elles trouvent dans cet équilibre, une opportunité de partage et de transmission auprès d’un large public. Entre la réalisation et gestion, de leur boutique en ligne et de plusieurs expositions, nous les avons rencontrées.


Comment vous êtes vous rencontrées ?
Au lycée et à l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims.

La création du collectif est assez récente, non ?
Oui, nous avons monté la structure associative en février 2015.

Pourquoi créer un collectif ?
Nous avions toutes les trois très envie de créer, d’exprimer réellement ce que nous ne pouvions faire dans nos professions respectives. Et cela faisait un moment que nous travaillons ensemble, par intermittence. Le collectif permet d’unir nos talents autour de la création, de rencontrer d’autres artistes, de monter des projets plus facilement.

Quels sont les objectifs du collectif ?
Créer, échanger, transmettre par l’organisation d’ateliers, une pratique, une technique artistique et présenter des travaux simples à un public le plus large possible, qui n’est pas forcément concerné par l’art.

Qu’en est-il de la répartition des rôles ?
On se nourrit, on apprend les unes des autres. Si l’une de nous n’est pas à l’aise avec une technique, on s’entraide, on échange et expérimente. Nous avons au final des pratiques assez similaires, mais nous n’hésitons pas à explorer de nouveaux médiums.

Isotope s’oriente plutôt vers les arts appliqués, plastiques ou décoratifs ?
Nous ne sommes pas enfermées dans un style, nous n’avons pas de préférence non plus. On pourrait dire à la frontière entre les arts appliqués et plastiques… Nous produisons à la fois du design objet, de l’illustration, du graphisme, de l’édition…

J’ai le sentiment que vous êtes plus à l’aise avec l’appelation « créateur » qu’ « artiste » ?
Cela vient certainement de notre formation, qui n’est pas à la base tournée vers l’art plastique. Nous avons fait graphisme ou design. Nous n’avons pas forcément le sentiment d’être légitime en la matière. Peut-être aussi que la fabrication de nos univers et l’utilisation de nos savoir-faire relèvent plus d’une forme d’artisanat.

Plutôt geek ou garantes de techniques traditionnelles ?
Nous sommes un peu les deux. Un côté geek dû au graphisme, à nos productions vidéos et d’un autre côté un savoir-faire pour les illustrations, les sérigraphies, les installations. C’est important cet équilibre entre les deux, entre la culture numérique et la tradition.

Votre univers est déjà très en place, avec un vocabulaire plastique très identifiable…
Nous travaillons sur de multiples univers, sur le principe de la miniaturisation, présentés sous globe, sous forme d’installation, de cartographie… Les univers utopiques nous intéressent, le détournement d’éléments du quotidien. Tout cela est très contemplatif, un travail axé sur l’évasion visuelle en quelque sorte.

Vos productions révèlent un certain attrait pour la scénographie…
Tout à fait. C’est intéressant de travailler sur le volume, de voir si certaines de nos productions en illustration peuvent être retranscrites en volume. Derrière, il y a aussi un intérêt pour le cabinet de curiosités.

À moyen terme, comment envisagez-vous l’évolution du collectif ?
Ça ne passera pas forcément par l’arrivée de nouvelle personne dans le collectif. Mais on espère plus de workshops, d’échanges avec des artistes de divers horizons, d’expérimentations de nouvelles techniques et d’expositions avec toujours autant de plaisir à créer.

www.atelierisotope.wix.com
www.facebook.com/atelierisotope

Photographe : Mathieu Farcy
Interview : Pascal Sanson