AMEDEO MODIGLIANI
AU L.A.M.

Ci-dessus :
« Nu assis à la chemise », détail, 1917
L.a.M., Villeneuve d’Ascq,
Donation Geneviève et Jean Masurel
© Philip Bernard

Avec pas moins de six peintures, huit dessins et une remarquable sculpture de marbre réunis dans ses collections par les fondateurs du musée Roger Dutilleul et Jean Masurel, l’histoire qui lie le L.a.M. à l’artiste Amedeo Modigliani remonte à la naissance même de l’établissement d’art moderne, contemporain et brut. C’est autour de cette belle relation entre l’artiste et ses collectionneurs que s’articulera au printemps, plus précisément du 27 février au 5 juin 2016, l’une des plus importantes rétrospectives jamais présentée dans le nord de la France : « Amedeo Modigliani, l’œil intérieur ».

On aura beaucoup dit, trop écrit sans doute sur le sculpteur, le peintre, le dessinateur qu’était Modigliani. Érigeant autour de sa personne, un mythe, celui de l’artiste maudit, souvent basé sur une succession de contre-vérités, de biographies à l’emporte-pièce. Mais Modigliani ne se résume pas à toutes ses amplifications romanesques, comme l’expliquera dans sa juste biographie en 1958 Modigliani, sans légende, sa fille Jeanne. Pour connaître et appréhender l’artiste italien, l’essentiel est de revenir à son œuvre, à sa touche, à cette révolution du portrait amorcée à l’aube de la Première Guerre mondiale. En axant cette rétrospective-événement autour de trois aspects de la brève et féconde carrière de l’artiste, le L.a.M. relève le pari de dépouiller cette figure majeure de l’Art moderne, de ses oripeaux, pour ne mettre en valeur que l’essentiel.

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« Femme assise à la robe bleue », 1918- 1919
Moderna Museet, Stockholm
Donation d’Oscar Stern, 1951
© Moderna Museet, Stockholm

Trois axes donc, la relation à la sculpture antique et extra-occidentale, la pratique du portrait et sa relation avec le collectionneur qu’était Roger Dutilleul, éclairent d’un jour nouveau le travail de l’artiste. Avec plus de cent vingt œuvres, dont une centaine de Modigliani comprenant quarante-neuf peintures, quarante-trois dessins et cinq sculptures, l’exposition resitue le peintre dans le contexte de son époque et dans sa correspondance avec ceux qui furent ses contemporains et amis ; Pablo Picasso, Constantin Brancusi, Moïse Kisling, Jacques Lipchitz, Chaïm Soutine, Pinchus Krémègne… L’exposition est une occasion unique de mieux comprendre, de découvrir ou redécouvrir le style Modigliani, l’applatissement et l’allongement des figures, la maîtrise de l’ornement et du déhanché, la modulation des traits des visages, ce vocabulaire du portrait résolument nouveau. De la sculpture Tête de femme (1913) au portrait Zborowski à la canne (1917), en passant par Portrait de l’artiste en Pierrot (1915) et le Petit garçon en culotte courte (vers 1917), c’est sur tout un pan de l’histoire de l’Art moderne et universelle que l’exposition « Amedeo Modigliani, l’œil intérieur » lève le voile.

Entre histoire des avant-gardes, retour aux inspirations multiples du peintre (art africain, antique…), portrait-vérité et la place prépondérante de l’artiste, la rétrospective Modigliani est sans doute aucun l’événement de cette année 2016.

« L’œil intérieur », AMEDEO MODIGLIANI
Musée Le L.a.M.
1, allée du Musée, Villeneuve-d’Ascq

Exposition organisée par le Musée le L.a.M. et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais. Avec le soutien exceptionnel du Musée de l’Orangerie et du Centre Pompidou – Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, Paris.

Renseignements
03 20 19 68 68 / www.musee-lam.fr

Auteur : Pascal Sanson