Année
lumière

Scintillant de guitares et de nappes aériennes, l’album éponyme Année Lumière constelle d’étoiles pop les nuits martiennes. A l’unisson des voies célestes, Antoine Agricola et Sarah Mille, dans leur équipage électro-cosmique, vous souhaitent un bon voyage.

Depuis les années lycée, Antoine Agricola balade à Amiens ses inspirations lunaires. En 2005, à tout juste dix-neuf ans, il fomente avec l’alter ego Babak Taghavi, aujourd’hui Plexus Darius, le groupe électro rock The Beyonders. Bientôt, au punch des guitares s’ajoute le groove de la paire basse-batterie emmené par Lucas Gros et Matthieu Lavoisier. Après trois ans de riffs rageurs, les quatre délivrent en 2008 un premier ep Maze suivi de Huü Dadark (2010) et de son single épileptique Curry Culum. Mais à peine le groupe constitué, Antoine rêve d’une carrière anglaise. En quête d’ailleurs, il part vivre à Sheffield où il espère rencontrer Pete Doherty, le leader des Libertines. Durant un an, Antoine navigue entre l’Angleterre et la Picardie, le combo répétant juste avant les concerts. Comme ce soir à La Lune des pirates où Antoine croise Sarah Mille, compagne et âme du groupe-couple Année lumière. Pour le reste, l’aventure des Beyonders s’arrête sans prévenir en 2011, officiellement pour non concordance des agendas. Dans le même temps, Antoine chante et joue de la basse au sein d’Oregone, un allstars amiénois promis à l’avenir et dont le premier enregistrement Audio sapiens (2009) encourage la suite. Mais le destin est contraire. Insatisfait par la performance du deuxième opus, Elder Ferret, actuel bassiste d’Année lumière, brûle les bandes de Natural history museum. La fin de l’histoire laisse à Antoine comme une légère amertume.

Voyage, voyage

Après un an et demi à gratter en silence et un premier concert partagé avec l’alter Plexus Darius à La Lune des Pirates sous le nom d’Année lumière, un terme qui symbolise dans une même expression ses envies de voyage, de vitesse et d’espace, Antoine déclare à Sarah son envie d’être avec elle un jour sur scène. D’autant plus qu’Antoine apprécie la critique et l’objectivité de sa compagne. Sarah accepte mais seulement si son meilleur ami, Florent Tellier, peut les rejoindre dans leur balade sonore. Les débuts sont durs, l’amoureuse n’a jamais fait de musique et Antoine se demande toujours comment intégrer Florent au groupe. Après réflexion, l’épilogue sera technique et lumineux : féru d’électronique, Florent barde d’ampoules costumes et guitares.

Désormais l’univers et les planètes se mettent en place. Pour les concerts inauguraux à la Briqueterie et au Grand Wazoo, la formation offre aux spectateurs un jupitérien cocktail de Champagne fluorescent. Tandis qu’à l’arrière-scène Florent s’affaire à la hâte sur les combinaisons complexes des éclairages. Quant aux textes délibérément impressionnistes, les paroles s’inspirent des livres de science-fiction qu’Antoine et Sarah feuilletaient à l’heure de la rencontre ; des images qui appellent un avenir radieux où les canards migrent sur Mars.

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Auteur : Régis Le Ruyet
Photographe : Ludovic Leleu