Aurélien Delbecq

Les 4 écluses, Dunkerque

Depuis septembre 2017, Aurélien Delbecq, 36 ans, est le nouveau directeur des 4 Écluses. Avant de rejoindre la salle de concert de Dunkerque, son parcours s’est fait principalement dans deux structures très actives des Hauts-de-France, La Malterie et Dynamo. Formé dans le réseau associatif, il compte insuffler son dynamisme et développer l’esprit d’ouverture de la salle à toutes les populations de l’agglomération dunkerquoise. Tout en regardant aussi vers la Belgique et l’Europe en entreprenant des projets sur le développement durable et l’économie sociale.

 

Comment se passait la vie à Évreux, la viLLe où tu as vécu Jusqu’à tes 18 ans ?
Évreux est une petite ville en Normandie où il ne se passait pas grand-chose. Il y avait un bowling, un cinéma et heureusement une salle de concert, l’Abordage. J’y ai vu mes premiers concerts : Katerine, Lofofora, Saïan Supa Crew. Je viens d’une famille sensible à la culture et quand j’étais enfant, je voulais faire du violon. Mais j’avais des mains trop petites pour faire du violon… J’en garde une grande frustration.

 

Après ton baccalauréat, tu es venu faire des études supérieures à LiLLe.
Je me suis lancé dans un DEUG Médiation culturelle et communication. En parallèle, je jouais de la batterie dans un groupe punk hardcore et j’ai commencé à organiser des concerts. Cela m’a clairement donné envie de travailler dans la musique. Puis, j’ai monté un label, Emolution records, et publié des disques de Burn Hollywood Burn et de Tang. Je gravitais dans tout un réseau underground de la musique : je faisais aussi du management, je montais des tournées. J’ai appris le métier d’organisateur de concerts en le faisant.

 

Ce qui ne t’a pas empêché de poursuivre un cursus Culturel.
J’ai fait une licence à Dunkerque puis à Lille une maîtrise Conception de projets culturels et un master Esthétique des arts contemporains. En même temps, je donnais un coup de main à l’association Dynamo. C’est une structure qui aide les musiciens à se professionnaliser. J’ai obtenu un poste à mi-temps à l’association et j’y suis resté neuf ans, de 2008 à 2017. Nous avons aidé des groupes comme Skip The Use, Cercueil, Roken Is Dodelijk. À la même période, de 2006 à 2016, j’étais chargé de communication de La Malterie à Lille, un lieu de travail d’artistes qui mêle arts visuels et musiques actuelles. Ces deux structures, Dynamo et La Malterie, m’ont apporté énormément.

 

Pourquoi avoir postulé aux 4 Écluses ?
Avec Dynamo, j’avais la liberté de faire des concerts dans différents lieux. Mais j’avais envie de passer a une nouvelle étape : gérer une structure physique et une équipe. J’avais envie de travailler avec des personnes qui ont chacune leurs compétences, au lieu de tout faire moi-même.

 

Quelles sont Les particularités de cette salle de concert ?
La salle des 4 Écluses, qui existe depuis 23 ans, est sur un îlot, un espace de verdure en plein centre-ville. Avec sa capacité de 300 places, c’est un équipement parfait par rapport à la taille de la ville. C’est une petite salle avec des petits moyens, mais avec beaucoup d’activités : 40 à 50 concerts par an, des actions culturelles avec nos partenaires (écoles, maison d’arrêt de Dunkerque, hôpital maritime de Zuydcoote) et différentes actions comme des formations son et lumière, des initiations au DJing, etc. Les 4 Écluses sont dotés aussi de trois studios de répétition.

 

Quelle programmation vas-tu défendre ?
La programmation, c’est un engagement. La salle doit continuer à avoir une démarche prospective et défendre des artistes pointus dans chaque esthétique musicale. Le public que nous accueillons est très varié, avec des goûts précis, dans le rock, le hip-hop, le métal, le dub/reggae, etc. Mais pour me libérer du temps pour toutes les autres actions de la salle, je recrute un programmateur au printemps.

 

Quels sont désormais tes axes de travail ?
La diffusion de concerts bien sûr pour contenter la soif de culture de tous, mais aussi j’aimerais développer les actions culturelles en travaillant notamment sur les publics empêchés (handicapés, détenus) et l’accompagnement des groupes de l’agglomération. enfin, nous travaillons sur le projet européen DEMO, avec des actions sur l’écologie, le développement durable, l’économie sociale, etc., en particulier auprès des jeunes et des collégiens. il y a beaucoup de défis à relever pour les années à venir !

 

site internet
www.4ecluses.com

Photographe: Mathieu Farcy / Signatures
Interview: Olivier Pernot