Awir Leon

Let’s dance

À l’approche de la trentaine, François Przybylski dévoile Giants, le premier album de son projet solo Awir Leon. Influencé par James Blake, Thom Yorke et Bon Iver, Awir Leon fait danser les climats avec beaucoup de sérénité et signe un disque délicat aux productions électro soul envoûtantes et aux instrumentations charmeuses.

Quelle a été ton éducation musicale ?
Je suis originaire de Lens, d’une famille polonaise où on écoutait beaucoup de musique. Ma mère est professeur de danse. Au-dessus de sa salle de cours, il y avait une école de musique à laquelle j’avais accès. J’ai pu m’initier, en autodidacte, au piano, à la batterie, à la guitare, et j’ai commencé petit à petit à faire des chansons, guitare et voix.

À quel moment la danse est rentrée dans ta vie ?
Assez tardivement. J’ai commencé à danser à 16 ans. Deux ans après, j’ai été engagé dans la compagnie de Marie-Claude Pietragalla. Cela a eu de l’influence sur ma musique : je me suis retrouvé dans un appartement de 7m2 à Paris et je n’avais plus aucun instrument sous la main. Juste un vieil ordi avec des logiciels. Alors je me suis lancé seul dans le beatmaking.

Quel a été ton parcours de danseur ?
J’ai fait quatre pièces avec la compagnie Pietragalla et depuis 2009, je travaille avec le chorégraphe Emmanuel Gat. J’ai dansé dans quatre de ses spectacles et dans le dernier, Sunny, je ne danse pas, mais je fais la musique que j’interprète en live avec les danseurs.

En quoi la danse t’a aidé dans LA musique ?
Vivre et créer dans ce monde de la danse contemporaine, qui est très exigeant, m’a poussé à beaucoup chercher et surtout à m’éloigner de la facilité.

Quand as-tu lancé le projet Awir Leon ?
Dès ma période parisienne, je faisais ma musique en sous-terrain et je n’en parlais pas. Le projet s’est vraiment formalisé en 2012. J’ai sorti un Ep, The Red Hat Path, sous le nom de Leon. Un Ep… de douze titres. C’était un travail sur les beats, avec des morceaux instrumentaux. J’ai commencé à mettre des voix dans ma musique seulement depuis deux ans.

Leon est ton deuxième prénom. Awir signifie « Air » en gallois. Essaies-tu d’insuffler de l’air dans ta musique, de l’espace entre les notes ?
Complètement. Je veux de la légèreté, de l’espace dans ma musique. J’essaie toujours qu’il y ait cette impression, cet effet. Je veux que ma musique t’ouvre le cerveau. Qu’elle mette l’auditeur dans un état positif et reposant, qu’elle le pousse doucement à l’introspection. Quand je compose, j’imagine des morceaux qui ne viennent pas rajouter de l’emphase à la lourdeur du temps présent.

Tu participes aussi au trio UNNO…
Avec Joachim (J. Kid) et Abraham (Tismé), nous avons, dès 2011, fait un premier Ep, et joué dans de grands festivals. Le premier album d’UNNO arrive à l’automne 2017.


GIANTS, LP
Awir Leon, Nowadays Records

Site internet
www.awirleon.com

Photographe : Joachim Souhab
Interview : Olivier Pernot