Delaquaize

Benoît Delaquaize,
Label Bleu

Passionné de musique, Benoît Delaquaize, dirige, depuis bientôt trois ans, le Label Bleu au sein de la Maison de la culture d’Amiens. En charge de la direction artistique, il se donne pour mission d’impulser une nouvelle dynamique à ce label trentenaire, dont le catalogue accueille un nombre conséquent d’artistes de jazz et world dont certains sont aujourd’hui de solides références internationales. Alors que la Maison de la culture d’Amiens célèbre son 50e anniversaire, voici l’occasion rêvée pour nous de revenir sur l’histoire et l’actualité de ce Label Bleu atypique dans le paysage des maisons de disques. Rencontre.

Comment es-tu entré dans le milieu artistique ?
Je me suis toujours posé la question : « comment mêler l’utile à l’agréable ? » Pendant mes études, je me suis dit qu’il fallait que je trouve un moyen de travailler dans les arts. À défaut d’être artiste moi-même, au moins je peux servir la cause. Et puis je m’intéressais beaucoup à la musique. J’ai participé après mes études à l’organisation d’un festival en Normandie (ndlr : Festival Alexandre Paley), ça m’a mis le pied à l’étrier.

Comment a débuté ton histoire avec le studio label bleu ?
Je suis arrivé à la Maison de la Culture en 2006, comme chargé des relations publiques. Quelques années plus tard, Gilbert Fillinger, son directeur, m’a demandé de m’impliquer dans le Label Bleu puisque j’avais un lien fort avec la musique. Je suis rentré petit à petit dans le jeu des productions et des éditions. Aujourd’hui, j’accompagne les artistes et j’ai une grande part de responsabilité dans les choix artistiques du label.

Quelle est la genèse de la structure ?
Michel Orier, le père du festival de jazz d’Amiens, lance le Label Bleu en 1986. Il avait envie de donner, à toute une génération de musiciens de jazz en France, un label pour les accompagner. Parmi eux, il y avait des artistes comme Daniel Goyone, Henri Texier, Michel Portal… Tous ces gens de jazz qui rayonnaient sur les années 1980 mais avaient besoin de cette vitrine qu’a été pour eux la Maison de la Culture et le Label Bleu à l’époque.

En plus du Jazz, le catalogue s’articule également autour des musiques du monde, des musiques électroniques… Pourquoi cet éclectisme ?
L’histoire de Label Bleu c’est des rencontres. Au début des années 90, Michel Orier s’associe à Christian Mousset, le directeur du festival des Musiques Métisses. À l’époque, les musiques du monde manquaient de gens pour les soutenir. Donc on a lancé notre collection Indigo. Une des figures marquantes c’est Rokia Traoré, avec qui on a fait deux albums. Pour la musique électronique, ça a été aussi des rencontres : Piers Faccini, General Elektriks… On est plutôt ouvert musicalement, presque instinctif.

Quelle est votre mission ?
Notre objectif, c’est de montrer qu’on n’est pas un vieux label du passé mais un label actuel qui a envie de perdurer et qui va vers l’avenir. Depuis quelques années on reprend le chemin de la production. On a l’envie d’aller vers la nouvelle génération. Des musiciens, comme Thomas de Pourquery, nous intérèssent aujourd’hui puisqu’ils ont une écriture et une conception du jazz qui est complètement différente de celle des années 1980. On a besoin de travailler avec ces gens là pour revoir un peu les codes, faire avancer les oreilles de chacun.

Ça fait quoi de fêter les trente ans d’une maison de disques ?
Un label qui dure trente ans aujourd’hui, c’est un bel exploit. Mais ce n’est pas un hasard. La contribution du Label Bleu dans la musique improvisée jazz en Europe est considérable. Et au bout de trente ans, on a toujours cette envie-là.

2016, une année chargée ?
On a prévu pas mal de choses pour l’anniversaire du label. Notamment, la réédition en vinyle de trente albums qui ont marqué son histoire. Le premier coffret est déjà disponible. Et puis on vient d’organiser ce début mars, trois jours de concerts inédits à la Maison de la Culture d’Amiens avec des grandes figures du label comme Henri Texier, le Red Star Orchestra, dernier projet de Thomas de Pourquery et Rokia Traoré, artiste emblématique du Label Bleu, venue clôturer cette belle fête.

Sites internet
www.label-bleu.com
www.maisondelaculture-amiens.com

Photographe : Mathieu Farcy