Claire
Gapenne

Frondeuse de la scène musicale amiénoise, Claire Gapenne, de son premier concert en 2006 au Babylone à son nouveau projet solo Terrine, ne se laisse pas facilement coller d’étiquette. En un peu moins de dix ans, la musicienne-interprète aura endossé plus d’un costume ; Babydoll de la scène rock avec Milk, chanteuse pop pour Oregone, voix electroclash éphémère de The Name, performeuse avec le poète et saxophoniste free jazz Jean Detrémont, musicienne bruitiste et métal no wave dans Couteau Twins, guitariste post punk d’Headwar… C’est dans le circuit indépendant, dit « alternatif », notamment auprès du collectif d’artistes Accueil Froid, qu’elle explore, expérimente, incarne un univers musical encore trop confidentiel. Reine du « Do it yourself *», entre les tournées qui l’emmènent aux quatre coins de l’hexagone et plus, Claire Gapenne travaille à développer et à promouvoir, une « culture autre» en marge du circuit institutionnel. Avec ses comparses, elle réussit le pari de faire exister cette scène dans le paysage amiénois, malgré le manque cruel de lieux artistiques indépendants. Pour que ce foyer créatif perdure, le collectif, après une première tentative, continue sa quête d’un lieu où, pour sûr, le spectateur trouverait son compte au gré des performances, concerts et événements. Au jeu simple des questions / réponses, l’enfant terrible Claire Gapenne nous en dit plus sur son intégrité artistique, son parcours et ses priorités.

Engagement, sacerdoce, loisirs, consommation, quelle est ta vision de la culture ?
Je crois que la culture est là où on veut bien la voir. C’est sûrement un engagement parce que ça fait partie de la vie de tout le monde et que c’est important, mais je ne me sens pas spécialement engagée. La notion de culture ne me parle pas tant que ça, en fait.

Musicienne, interprète, performeuse, programmatrice, modèle à tes heures… Ces dernières années, tu t’es révélée une touche-à-tout d’une extrême sincérité artistique. Quel regard portes-tu sur ton parcours ?
Touche-à-tout oui et non. C’est toujours un concours de circonstances. Au début je faisais de la danse, j’ai ainsi découvert tout l’aspect performatif avec mon ami le saxophoniste free jazz Jean Detrémont. Après, j’ai commencé à faire de la musique d’ados. J’ai essayé de trouver un boulot dans ce milieu, ce n’était pas évident… Puis avec mes copains, on a monté le collectif l’Accueil Froid, pendant que d’autres s’occuperont de le fermer. Dans la foulée, j’ai programmé des groupes à la Lune des Pirates pour la Nuit Blanche. J’ai enfin trouvé un job à la Lune des Pirates tout en continuant la musique. Aujourd’hui, je m’y consacre entièrement.

A moyen terme, quelle pratique, autre que la musique, aimerais-tu explorer ?
Pour le moment, je vais essayer de faire de la musique !

Active au sein du collectif d’artistes l’Accueil Froid, quelle ligne artistique et messages et défendez-vous ?
Ecoute, c’est assez simple et clair. On s’est défonçé avec dix-sept copains et l’association Label Brique pour louer un local en 2011. On payait un loyer tout en étant en recherche d’emploi. On a tout aménagé (bar, scène…) et on s’occupait de tout dedans : le catering, la communication, la technique, la production, la programmation… sans hiérarchie de groupe. C’était vraiment simple et fluide. On y faisait des concerts, du théâtre, des performances, des expos, des soirées cinéma, des brocantes… Ce lieu était nécessaire dans le paysage culturel amiénois et représentait une scène artistique engagée.

Comment définirais-tu la scène artistique amiénoise ? De quelle manière cette ville t’inspire-t-elle ?
Amiens ce n’est pas facile parce qu’il n’y a pas grand-chose, mais en même temps c’est stimulant pour y faire quelque chose justement ! Tout le monde se connaît et ça marche par « bandes organisées » (rires).

Que manque-t-il pour qu’Amiens, à l’instar d’autres villes, rayonne culturellement ?
L’ACCUEIL FFRROIIIIID !!!!! (Rires).

*Fais-le toi-même

dubruitetdescoups.blogspot.fr

headwarguimbalesettendressouvenirs.blogspot.fr

Labelbrique.over-blog.com

Photographe : Ludovic Leleu