Deborah Pham

Mint Magazine, Paris

À 31 ans, elle est une jeune femme active : Déborah Pham a lancé Mint Magazine il y a cinq ans : une publication lumineuse et aérée, trimestrielle et gratuite, qui parle de nourriture et de voyages, de chefs étoilés et d’air du temps. En 2017, elle crée aussi, avec un associé, le restaurant guinguette Maison Maison sur les quais de Seine à Paris. Là encore une réussite. Elle revient aujourd’hui sur ces deux activités, nourries par la passion des rencontres et de l’échange.

 

Quel a été votre parcours ?
J’ai fait des études de lettres et j’ai toujours eu une forte affinité avec l’écriture et la littérature. Mais durant ces études, nous devions plus décortiquer les œuvres que les apprécier. C’est bien dommage. Alors j’ai arrêté et je suis partie au Japon pendant un an. J’avais dix-huit ans. J’ai plongé dans le grand bain pour devenir adulte. Là-bas, tous mes repères étaient bousculés. C’était une expérience géniale. Puis, je me suis inscrite à la faculté en Langues étrangères appliquées pour y faire de l’anglais et du japonais. Mais je ne voulais pas devenir prof… Alors finalement, j’ai fait une école de journalisme, l’E.S.J. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire et j’y ai suivi mon copain de l’époque. Mais là encore, la formation ne me plaisait pas : il n’y avait pas assez de liberté. Alors j’ai eu envie de créer un magazine.

 

Lancer un magazine en 2014, à l’heure de la toute puissance d’Internet, c’est une aventure folle, non ?
Au départ, on ne m’a pas encouragée. Alors forcément, c’est compliqué. Mais l’important, c’est d’y croire. L’envie de départ de Mint Magazine, c’était avant tout de travailler avec Noémie Cédille, une amie d’enfance. Elle est la directrice artistique et la graphiste du magazine. Et puis, il n’y avait pas vraiment de magazine sur ce créneau, à la fois de la gastronomie et des voyages. À l’époque, la cuisine était surtout présente dans les magazines féminins avec des fiches recettes. Un côté un peu mémère. Nous voulions apporter un angle différent, un regard neuf, aller rencontrer des chefs, faire leur portrait. Aller rencontrer aussi des gens de la terre, des paysans, des producteurs de légumes par exemple.

 

Ce magazine est-il viable économiquement ?
Pendant des années, on payait l’imprimeur, les collaborateurs, mais Noémie et moi, on ne vivait pas du magazine. Nous faisions des boulots à côté. J’ai notamment été serveuse au Garde Robe, un bar à vins à Paris. Puis, j’y ai remplacé le cuisinier pendant un an et demi. Au début, c’était affreux et puis, j’ai appris à cuisiner des produits que je ne connaissais pas, comme des artichauts, et j’ai commencé à m’amuser. Aujourd’hui, au bout de cinq ans, le magazine commence à être viable économiquement, avec une équipe stable.

 

Vous êtes devenue également restauratrice, avec votre propre établissement, Maison Maison. Comment vous êtes-vous lancé dans cette nouvelle aventure ?
J’ai rencontré mon associé sur ce projet à une soirée Mint. Il voulait répondre à un appel d’offres, mais ne savait pas trop quoi faire. J’ai eu une idée en dix minutes et on l’a dessinée ensemble. Il y avait 300 dossiers pour une dizaine de spots sur les quais de Seine. Nous avons eu un lieu. C’était très excitant, mais au début, cela a été hyper dur. Puis, nous avons recruté la chef Adriana Saghetta. Elle fait une cuisine géniale et généreuse. Aujourd’hui, je reste associée à Maison Maison, mais je n’y suis plus au quotidien.

 

Avez-vous encore du temps pour vous et pour faire quoi ?
J’ai un projet de livre, sur la nourriture et sur le vin, avec une idée qui n’a jamais été faite. J’ai aussi plein d’idées, mais c’est le temps qui manque…

 

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