JANET PHARAOH

Moulin Rouge, Paris

Pendant dix-sept ans, Janet Pharaoh a dansé sur la mythique scène du Moulin Rouge situé au cœur du quartier de Pigalle. Elle est maintenant la directrice artistique de ce lieu de spectacle qui contribue à la renommée de Paris, où elle caste, forme, gère et administre une troupe constituée de soixante-dix danseuses et danseurs. C’est à un rythme effréné et avec un enthousiasme sans faille, que Janet Pharaoh embrasse toutes les responsabilités qui lui incombent pour faire fonctionner au mieux ce lieu emblématique de la nuit parisienne. Retour sur le parcours d’une petite Anglaise de Leeds qui rêvait de devenir danseuse.

Comment vous êtes-vous lancé dans la danse ?
Ma grande sœur allait déjà à l’école de danse et j’ai voulu aussi y aller. J’avais cinq ans. J’aimais bien danser à la maison et j’adorais faire des spectacles, avec des costumes. Dans ma famille, les enfants faisaient toujours des spectacles pour les adultes.

 

Vous imaginiez-vous déjà devenir danseuse dans une grande maison comme le Moulin Rouge ?
Les écoles de danse sont très professionnelles en Angleterre et les enfants font rapidement des compétitions. Donc j’ai eu envie assez vite de devenir une danseuse professionnelle. J’ai toujours été grande – je mesure un mètre quatre-vingt – et les danseuses classiques ne sont jamais très grandes. Alors, j’ai pensé devenir danseuse pour des spectacles comme ceux du Moulin Rouge. Quand vous devenez professionnelle, vous rencontrez du monde, vous discutez et j’avais évidemment entendu parler du Moulin Rouge.

 

Etait-ce difficile pour vous de partir de votre pays et de vous installer à Paris ?
J’étais très excitée de venir à Paris car j’allais réaliser le rêve que j’avais de devenir professionnelle de la danse. Mais c’était difficile de quitter l’Angleterre. Je n’étais allée qu’une seule fois à l’étranger, en Allemagne. Venir à Paris, à 18 ans, c’était très exotique. Paris est une ville magique. J’ai commencé pendant quatre mois au Lido, pour faire un remplacement durant l’été 1977. Puis j’ai été envoyée à Barcelone pour intégrer une revue. C’était génial de vivre à Barcelone. Enfin, Miss Doris du Moulin Rouge m’a recrutée pour une revue à Monte Carlo et, au bout de deux ans, je lui ai demandé de venir à Paris. J’y suis enfin arrivée en décembre 1980.

 

Quelles qualités faut-il avoir pour être danseuse au Moulin Rouge ?
Il faut être grande et très bonne danseuse. Il faut avoir une jolie plastique, un visage agréable et un grand sourire. Et aussi beaucoup de personnalité. C’est la caractéristique des danseuses du Moulin Rouge. Il faut aussi vouloir travailler car c’est un métier très exigeant, avec deux shows par jour et le Moulin Rouge est ouvert 365 jours sur 365.

 

N’est-ce pas lassant de danser toujours le même spectacle ?
Nous exerçons notre passion, nous sommes bien payées et nous nous amusons beaucoup. Pour moi, il y avait aussi la réalisation de cette envie que j’avais quand j’étais enfant. C’est génial de faire ce métier de danseuse. Par contre, quand vous allez sur scène, vous devez être souriante et vous devez garder une bonne forme physique. Danser toujours le même spectacle, c’est la partie difficile de notre métier.

 

Quels sont les meilleurs côtés de ce métier ?
Je viens d’une famille ouvrière et ce travail m’a permis de beaucoup voyager. Grâce au Moulin Rouge, j’ai pu aller au Brésil, au Japon, en Inde, au Etats-Unis, en Australie, en Chine. Nous donnons des galas pour des œuvres de charité ou pour l’ouverture d’hôtels de luxe. Nous amenons un peu du Moulin Rouge et un peu de Paris partout dans le monde.

 

Combien de temps êtes-vous restée sur scène et quelle est votre fonction actuelle au Moulin Rouge ?
J’étais sur scène pendant dix-sept ans. J’ai dansé trois spectacles différents : Femmes, Femmes, Femmes, Formidable et Féérie. Maintenant, je suis directrice artistique. Je forme et je gère la troupe qui représente soixante-dix personnes. Je trouve les danseuses et les danseurs. Je coordonne les répétitions. Je gère les légers changements sur les costumes, les lumières, les décors. Je m’occupe aussi de tout le côté administratif, les contrats, les congés, etc. Et puis, je crée des petits spectacles pour des occasions spéciales, des galas, avec le chorégraphe Erik Sorensen.

 

Comment expliquez-vous que le Moulin Rouge attire toujours autant la foule ?
Le Moulin Rouge est un endroit d’entertainement, un endroit spécial et magique. Il a une renommée historique et un gage de qualité. Quand il a ouvert en 1889, c’était une salle nouvelle, d’une grande modernité. Aujourd’hui, le Moulin Rouge continue de proposer des spectacles qui perpétuent une tradition, tout en étant modernes.

 


site internet
www.moulinrouge.fr

 

Photographe: S. Bertrand – Moulin Rouge
Interview : Olivier Pernot