Kyary Pamyu Pamyu

Kawaii attacks* !

Idole et chanteuse pop japonaise, Kyary Pamyu Pamyu a réussi, depuis 2011 et son hit PonPonPon, à s’affranchir des frontières de l’archipel nippon pour conquérir le monde occidental. Avant de squatter les charts internationaux, la carrière de l’adolescente tokyoïte démarre avec fulgurance et va tout azimuts, cumulant les fonctions de blogueuse mode, mannequin, présentatrice tv ou de femme d’affaires. Du haut de ses 1m57, cette princesse Harajuku et de la Cute Culture** relève du mix singulier entre horreur et mignon et de l’improbable croisement entre Lady Gaga, Tim Burton et David Lynch. Plongée dans l’univers grotesque et fascinant de cette institution made in Japan.

Mais qui est donc Kyary Pamyu Pamyu ? D’où vient cette surréaliste créature à la frêle corpulence, aux yeux de candy et aux accoutrements tout droit sortis de l’univers mangas et de l’animé ? Née en 1993 à Nishi Tokyo, ville de l’agglomération Ouest de Tokyo, la jeune Kiriko Takemura se découvre, dès le lycée, une passion pour la mode. Un intérêt qu’elle s’empresse de partager sur un blog, plébiscité en un battement de cils par tous les fashionistas du pays du Soleil-Levant. En marge de ses activités web, à dix-sept ans, repérée dans la rue, Kyary se métamorphose en It Girl adulée dans les revues Kera ! et Zipper, bibles fashion des teens japonaises. De 2009 à 2011, l’adolescente se fond à la perfection dans le rôle d’ambassadrice de l’Harajuku Girl, nom en connexion avec le quartier d’Harajuku où tous les dimanches des centaines de teenagers et de jeunes adultes défilent dans des costumes colorés, décalés, exubérants. Avec son look surnaturel combinant les attitudes de petite fille sage au grotesque, au mangas, elle œuvre à créer un univers fantasque. De cette image de princesse kawaii, elle en use avec outrance, mettant son visage et ses talents au service de créateurs en vogue comme de la vente de téléphone, de poulet frit, des sneakers, de dentifrice, de jeux Nintendo®. Après ses années de Street styles, une rencontre fortuite va orienter le parcours de l’idole vers le monde de la J-Pop. Producteur électro du groupe Perfume et membre du duo Capsule, Yasutaka Nakata la repère dans une soirée et va la propulser au sommet des charts. Elle participe dans un premier temps à la compilation Kyary Pamyu Pamyu no Ghibli Set, reprises sans saveur des chansons des dessins animés des mythiques studios Ghibli. Mais c’est son single PonPonPon, pépite joyeuse électro pop lancée dans un Japon ravagé et déprimé par le récent séisme de 2011, qui lui apporte la consécration. En collaborant pour le clip avec Sebastian Masuda, la chanteuse redéfinit son style et parfait sa signature, celle d’un univers merveilleux et psychédélique mâtiné de morbidité, d’horreur et d’étrangeté lynchéenne. Aujourd’hui visionné plus de 80 millions de fois, le clip de PonPonPon est l’illustration exacte du monde dans lequel la chanteuse souhaite évoluer et happer ses fans. Aucun des clips suivants ne dérogera à cette esthétique maîtrisée, hors norme aux multiples références entre Disneyland, le cinéma d’horreur et gore américain, la tradition japonaise et la contre-culture. Son premier mini album Moshi Moshi Harajuku signé chez Warner music Japan, distribué sur le net dans vingt-trois pays confirme ses débuts sur le marché international. Le phénomène ne s’arrêtera pas là, entre 2012 et 2018, la chanteuse pop ne sortira pas moins de quatre albums et Warner music Japan, distribué sur le net dans vingt-trois pays confirme ses débuts sur le marché international. Le phénomène ne s’arrêtera pas là, entre 2012 et 2018, la chanteuse pop ne sortira pas moins de quatre albums et classera dans les charts douze singles dont les désormais classiques de la J-Pop ; Candy Candy, Kira Kira Killer, Fashion Monster, Mottai Night Land, Sai & Co, Yumeno Hajima Ring Ring, Easta.

Chaque single se voyant agrémenté d’un clip, marqué d’une grande créativité et d’une bizarrerie assumée avec la ferme volonté de renouveler la culture pop japonaise et de l’exporter aux quatre coins de la planète. Le miracle Kyary Pamyu Pamyu a effectivement des répercussions non négligeables, Vogue, Dazed & confused, Elle lui consacrent des éditos, les Simpsons l’intègre dans un épisode, Adidas et MAC cosmetics en font leur égérie… Après deux tournées mondiales sold out, 100% KPP World tour en 2013 et KPP 5ive years Monster Tour en 2016, elle vient d’achever en ce début d’été son KPP World tour 2018 : The Spooky Obakeyashiki – Pumpkins strike back, l’occasion pour la princesse J-pop de dévoiler un nouveau titre Kimi No Mikata.
Dépouillée de ses oripeaux électro techno pop et dubstep d’antan, Kyary Pamyu Pamyu se confronte, avec mesure, au rap et semble également vouloir se délester de son attirail fantasque pour apparaître plus sage et plus glamour. Doit-on y voir un revirement stylistique, l’avènement de l’ère Pamyu Pamyu II ? Affaire à suivre, sans aucun doute…

 

sites internet
www.kyary.asobisystem.com
www.facebook.com/KPP.FC
Texte: Pascal Sanson

* Attaque Kawaii
** Culture du mignon