La
playlist

S-stevens
SUFJAN STEVENS — « Carrie & Lowell »
(Asthmatic Kitty Records)
Il suffit de fermer les yeux et de se laisser transporter,
ne serait-ce que sur les titres « Blue bucket of
gold » ou « All of me wants all of you », pour appréhender
les sommets de grâce atteints par l’album
« Carrie & Lowell » de l’Américain Sujan Stevens.
Renouant avec ses racines folk, l’artiste de Détroit
livre ici onze folksongs, pour la plupart enregistrées
dans des chambres de motels, bouleversantes,
introspectives et lumineuses. Une folk roots basée
sur les guitares en picking, le banjo, le piano et une
voix sublimée qui nous convoque pour quarantequatre
minutes de méditation sur la vie et l’ailleurs.

blur

BLUR — «The magic whip »
(Warner)
Nouvel album des enfants chéris de la Brit pop
90’s, « The Magic whip » met un terme à douze
années de silence radio niveau album. Même si
ce huitième opus n’est pas le feu d’artifice attendu,
il confirme l’alchimie retrouvée entre Damon
Albarn et Graham Coxon. Fruit de sessions enregistrées
au Havon studio de Hong Kong en 2013, « The
magic whip » clôt le chapitre de l’optimisme surjoué
de la Brit pop pour une sereine mélancolie. Sans
oublier les clins d’oeil aux Beatles, à Bowie, aux
Kings, aux Specials, Blur lorgne avec plus d’aisance
du côté de l’ambiant, du Krautrock. Le retour
gagnant d’un Blur avec un petit supplément d’âme.

plaisirs

PLAISIRS — «Plaisirs »
(Bon Temps records)
Repéré par leur single « Plaisirs honteux », le duo
parisiano-havrais Plaisirs passe le cap du premier
Ep. Titre éponyme pour cet opus estival réunissant
trois inédits et un remix de Janski Beaaats dans
une veine funk electro acid. Avec en introduction le
porte-étendard et fédérateur « DeLuxe » et les titres
« Hidden sun » et « Marécages », Antoine Boistelle
et Thomas Douard dessinent les lignes de ce qui
semble bien être leur signature ; incursions dans
les 90’s et la French 2.0, alternance entre electro
ciselée et techno, voix saccadées à la Gucci Vump,
montée épique… une recette efficace et outrageusement
dansante taillée pour l’été.

snoop-dog

SNOOP DOGG — «Bush »
(Sony Music)
Fermée la parenthèse rastafari Snoop Lion, Snoop
Dogg revient avec « Bush », tribune funk et R&B 70’s
produite par Pharrell Williams. Les compères n’en
sont pas à leur premier coup, déjà signataires,
entre autres, du hit « Drop it like it’s hot » en 2004.
Accompagné d’une ribambelle d’invités (Stevie
Wonder, Gwen Stefani, Kendrick Lamar, Charlie
Winston), le rappeur de Long Beach distille son flow
nonchalant sur une production organique et synthétique,
hantée par Tom Tom club, les gimmicks
funk et les breaks dévastateurs. Bien que sans
grande prise de risque, Bush fleure bon le groove
lascif et le Laid backstyle !