La playlist

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1/ ST GERMAIN
St Germain (Parlophone / Warner Music)
Dans un music business pressé par le flux d’Internet, Ludovic Navarre aka St Germain, a pris le temps. Treize ans qu’il avait disparu. Après les succès de Boulevard et de Tourist, le musicien électronique a fignolé les compositions de cet album lumineux. St Germain excelle toujours dans sa manière d’agencer rythmiques house et sonorités du monde. Que ce soit ici des samples de voix blues ou différentes cordes (Violon Peul, Kora) et percussions (Balafon) enregistrées live. Car l’Afrique est au coeur des fantasmes de ce compositeur unique, qui développe un nouveau concept : l’afro-deep.

2/ PEACHES
Rub (I U She Music)
La carrière discographique de Peaches a marqué une pause le temps que la chanteuse/performeuse s’essaie à la comédie musicale. La voilà de retour avec un album tout neuf, le premier depuis six ans. Ce Rub est un nouveau brûlot électro/dance/ punk sur lequel la Canadienne a invité une belle brochette de copines : Kim Gordon (Sonic Youth), Feist ou encore Simonne Jones. Ces onze morceaux provocants et parfois bancals sont impulsés par une urgence contemporaine, proche du southern hip-hop (How You Like My Cut, Free Drink Ticket) ou plonge dans une certaine nostalgie des sonorités eighties (Dumb Fuck, Light In Places).

3/ SLEAFORD MODS
Key Markets (Harbinger Sound / Differ-Ant)
Depuis une dizaine d’années, le phrasé typiquement british et prolétaire de Jason Williamson est la locomotive du duo singulier Sleaford Mods (Andrew Fearn, à ses côtés, s’occupe des machines). En 2015, le groupe a atteint une nouvelle notoriété avec des interventions remarquées sur les albums de The Prodigy et de Leftfield, et avec des échanges verbaux musclés avec Noel Gallagher (Oasis). L’album Key Markets arrive dans la foulée et révèle un groupe en pleine maitrise de son art : un flow à l’attitude punk sur des instrus vibrants entre électro minimaliste et post-punk.

4/ ROGER MOLLS
The Man With Dusty Fingers 2 (Autoproduction)
Navigant entre la nervosité du hip-hop et la mélancolie du trip-hop, le beatmaker lillois Roger Molls élabore une musique pleine d’ambiances et de samples vintage. Cet autodidacte évolue sereinement sur les traces de RJD2 et Wax Tailor. Comme eux, il joue sur la confrontation entre samples jazz et funk d’époque et beats d’aujourd’hui. Ici, les violons, guitares, orgues virevoltent sur d’authentiques et palpitantes batteries et les cuivres et scratches viennent relever les morceaux originaux et quelques remixes (Gorillaz, Balkan Beat Box) de cet album/mixtape impeccable.