Zombie-Zombie

La playlist
été 2016

Ci-dessus :
ZOMBIE ZOMBIESlow Futur

Playlist 1

1/  BENJAMIN BIOLAYPalermo Hollywood (Barclay / Universal)
Réalisé entre Paris et Buenos Aires, le nouvel album de « BB » respire la mélancolie, le spleen et l’amour. Ce disque voyageur est porté par des instruments traditionnels – bandonéon, charango – et par des voix. Celle, grave et patinée, d’un Biolay poétique et mystérieux, et celles de ses invitées : l’actrice Sofia Wilhelmi et la chanteuse de reggae dancehall Alika. Leurs paroles en espagnol se mêlent aux cordes de l’Orchestre de Buenos Aires pour raconter la vie et les figures de Palermo, quartier résidentiel huppé de la capitale argentine. Des chansons françaises raffinées et lumineuses (Tendresse année zéro, Pas sommeil, Ballade française).

2/  KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD Nonagon Infinity (Heavenly Recordings / Pias)
Originaire de Melbourne, cette formation signe un garage rock psychédélique et cosmique, avec des guitares folles et des rythmiques trépidantes. L’album démarre sur les chapeaux de roue avec Robot Stop et le groupe australien ne relâche pas la pression pendant toute sa durée du disque. Au milieu du long-format, le mid-tempo Mr. Beat fait figure d’exception par sa langueur, avant que les sept musiciens mercenaires ne repartent dans une cavalcade effrénée. D’ailleurs, le parcours de King Gizzard And The Lizard Wizard est lui-même réalisé pied au plancher : en cinq ans, la formation a déjà publié huit albums.

3/  GREGORY PORTERTake Me To The Alley (Blue Note / Decca Records)
Le troisième album de Gregory Porter, Liquid Spirit, son premier pour Blue Note, a permis sa reconnaissance internationale auprès des amateurs de jazz comme d’un public jeune attiré par les remixes de ses titres signés Claptone et St Germain ou sa collaboration avec Disclosure. Take Me To The Alley est dans la continuité de Liquid Spirit, avec la même team de musiciens autour du Californien. La voix chaude et soul de Porter enveloppe les douze ballades de ce disque mais le leader sait aussi laisser la place aux cuivres voltigeurs de Yosuke Sato (sax alto), Tivon Pennicott (sax tenor) et Keyon Harrold (trompette), et le piano délicat de Chip Crawford.

4/  BEN LUKAS BOYSENSpells (Erased Tapes Records)
Depuis dix ans, le label anglais Erased Tapes a révélé quelques belles signatures de la musique contemporaine. Des compositeurs de notre temps, comme Nils Frahm, Peter Broderick ou Rival Consoles, qui font le lien entre classique et avant-garde, entre instruments acoustiques et électroniques. Le Berlinois Ben Lukas Boysen, connu aussi sous l’alias Hecq, explore cette veine. Il propose dans Spells une musique minérale aux accords de piano profond et aux instrumentations en suspension. Son écriture limpide a illustré films et publicités à travers le monde car il sait jouer avec l’intimité et les émotions, dans chaque note, dans chaque temps.

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5/  ZOMBIE ZOMBIESlow Futur (Versatile Records)
Après avoir réinterprété des thèmes de John Carpenter et réalisé la musique du film Loubia Hamra, Zombie Zombie présente un nouveau projet parallèle : la bande son d’un spectacle de cirque. Ce projet est né de la rencontre avec Elsa Guérin et Martin Palisse du Cirque Bang Bang. Pour la mise en relief du spectacle Slow Futur, le couple Jaumet / Newman, désormais trio avec l’arrivée du deuxième batteur, part en exploration sonore avec quatre longues plages. Ces morceaux aux boucles hypnotiques sont autant de voyages synthétiques et cosmiques, calés sur la répétition du jonglage et les mouvements des interprètes. Saisissant.

6/  PAPRIKA KINSKI Steady Lover (Her Majesty’s Ship)
Sur les quatre titres de ce premier maxi, la jeune chanteuse et musicienne lilloise révèle un univers pop aux teintes new wave, entre lumière voilée et éclaircies nuageuses, entre sensations et frissons. Les chansons surfent sur des basses rondes et raides, des guitares doucement grungy, des beats lents et des synthés planants. Ancienne étudiante en école d’art, Paprika Kisnki a travaillé avec le plasticien / réalisateur Matthew Barney à New York avant de rentrer dans le Nord et de se lancer dans la mode : ses costumes habillent FKA Twigs ou Grimes. Elle s’épanouit aujourd’hui dans ces pop songs faussement naïves et délicieusement addictives.

7/  JULIETTE ARMANETCavalier seul (Barclay)
Après son remarqué premier titre L’amour en solitaire en 2014, Juliette Armanet revient avec Cavalier seul Ep, piloté par Pablo Padovani, tête pensante de Moodoid. L’ancienne journaliste ne déroge pas d’un pouce à son univers aux sentiments nobles marqué par Sheller, Bashung, Sanson, Barbara… Nébuleuse amoureuse, Juliette Armanet chante avec sa singularité, en quatre titres, les chagrins d’amour, les tourments, la mélancolie avec une pincée d’ironie. À l’image du clip Manque d’amour, et son imagerie glamour kitsch, sa licorne et ses hommes virils… Sortie de l’album prévu en 2017.

8/  ASTRID ENGBERG — Modern Blues (Astrid Engberg music)
Dans la continuité de ses deux premiers Eps Life goes on et Poetry is gone, l’album Modern Blues de la danoise Astrid Engberg est à ranger dans la catégorie des pépites inclassables. Un album à l’âme vagabonde à la croisée du trip-hop, de la soul, de l’electro, des musiques ethniques, avant tout témoin de la ferveur de notre monde. On y pénètre comme dans un livre d’images avec pour unique guide la voix hypnotique d’A. Engberg. Un album puissant comme du Pj Harvey, expérimental comme du Bjork, éthéré comme du Mazzy star mais indissociable de cette talentueuse et singulière artiste venue du Nord.