Bison Bisou - Régine

La playlist
Printemps 2016

Playlist 2 printemps 2016

IGGY POP Post Pop Depression (Caroline International)
Après deux albums foireux (Préliminaires et Après) dans lesquels il croonait son amour pour la chanson française, Iggy Pop revient au rock. Les derniers Stooges disparus, il fallait former un nouveau gang : l’Iguane a donc recruté Josh Homme, Dean Fertitia et Matt Helders, activistes chez Queens of the Stone Age, The Dead Weather et Arctic Monkeys. Enfermés dans le studio d’enregistrement de Josh Homme, les quatre pistoleros ont réalisé cet album inespéré. Iggy Pop s’y dévoile sur des chansons rock aux tempos fluides, avec une tension électrique qui se mêle à sa voix animale, sensuelle. Un disque est aussi cool qu’un road trip dans le désert californien.

ANDERSON .PAAKMalibu (Steel Wool / Membran)
Repéré avec son projet Breezy Lovejoy, aux côtés de Dr. Dre (sur l’album Compton) ou grâce à son premier LP Venice, Anderson Paak est le nouveau musicien soul et « sexy » californien. Il joue d’ailleurs de cette image ensoleillée sur la pochette sépia de son album Malibu sur laquelle il pose, au piano, dans l’écume des vagues. Son univers musical alterne ainsi la nostalgie d’un groove vintage avec la pertinence d’un hip-hop actuel et cool. Le single Am I wrong, feat. ScHoolBoy Q, sonne comme un hit de Jamiroquai. Avec cette évidence dansante et cette légèreté qui s’imposent comme la marque de fabrique de deuxième album particulièrement accrocheur.

CHRISTOPHELes vestiges du chaos (Capitol/Universal)
Depuis sa résurrection avec Belavicqua, il y a tout juste vingt ans, Christophe sort régulièrement de la nuit pour offrir des disques somptueux. Le chanteur de variétés sixties a mué régulièrement et il est toujours là, bien dans son époque. Il impose son tempo, lent, et sa voix, désenchantée. Ce nouvel album électrise, en croisant avec justesse les pianos longs et les envolées de cordes ( Océan d’amour, Dangereuse, Les Mots fous ). Il vire parfois électro rock ( Tangerine avec Alan Vega de Suicide, Les vestiges du chaos, sur un texte de Jean-Michel Jarre, qui avait écrit déjà Les Mots bleus). Cet album arrive donc avec le printemps, comme une renaissance.

BISON BISOURegine (Nuun Records / La Baleine)
Avec ce mini-album six titres, le quintet lillois expose ses visions « post-new-wave post-punk » avec une urgence vocale et des intonations désespérées qui évoquent Robert Smith (The Cure). La formation de Charly Lazer revendique son héritage nordiste : sa musique se nourrit du grand air des centrales nucléaires et du vacarme industriel. Cet esprit de désillusion, de crainte du futur, est boosté par une puissance viscérale qui donne à ce court disque une énergie vitale. Les chansons, incisives et compactes, irradient, portées par des guitares souffrantes et cette voix incantatoire qui donne envie de plonger dans la transe en attendant l’apocalypse finale.

Playlist 1 printemps 2016

ADRIAN YOUNGESomething About April II (Linear Labs / Differ-Ant)
Le parcours de ce musicien et compositeur afro-américain est impressionnant : en à peine six ans, il a travaillé pour le cinéma (Black Dynamite), fait des instrus pour des géants du hip-hop (Jay-Z, Wu-Tang Clan), multiplié les collaborations (Bilal, Souls Of Mischief, The Gaslamp Killer) et produit un album du groupe soul sixties The Delfonics. Le projet Something about april, qu’il réalise avec sa formation Venice Dawn, est sa récréation. Ce second volume regorge de sonorités soul vintage et psychédéliques, avec des invités de choix : Bilal, Raphael Saadiq et Laetitia Sadier dans une ballade « à la Gainsbourg » chantée en français.

ELECTRIC RESCUEParallel Behaviors (Skryptöm Records)
Installé en Picardie depuis plusieurs années, Electric Rescue est une valeur sûre de la techno française. À la tête du label Skryptöm, qui a révélé Julian Jeweil et Traumer, le producteur signe un troisième album plein de caractère et de maîtrise. Des morceaux aux pulsions techno rythmées et franches (Texture shot, Rexpiration, She is…) « drivent » l’attaque de l’album qui se révèle ensuite par sa versatilité électronique. La palette d’Electric Rescue s’élargit alors sur de belles envolées electronica (Minoris, Life as a movie) ou sur des morceaux plus déstructurés et mentaux, proche du courant « intelligent dance music » (Time with him, Paris Est).

THE (HYPOTHETICAL) PROPHETS  — Around the world with (InFiné)
L’œuvre ovniesque de deux expérimentateurs sonores revient dans une version restaurée. L’occasion de se pencher sur une perle new wave oubliée d’un groupe phare de l’underground français des années 80. Derrière cet album concept sorti en 1982, se cachent : le pionnier français des synthétiseurs, Bernard Szajner, et le musicien britannique, Karel Beer. Ces « prophètes hypothétiques » embarquent l’auditeur dans un voyage sonore, hanté d’histoires de goulag, de fast-food ou encore de petites annonces. Où des beats déshumanisés se mêlent à d’étranges harmonies pop, où des voix étrangères chantent non sans ironie la fin du monde.

TIGANo Fantasy Required (Counter)
Le prince de l’électro montréalaise est enfin de retour, après Ciao ! (2009). « Sept ans, c’est toute une vie, surtout pour un rêveur perpétuel comme moi ». Tiga est ainsi sorti de son sommeil pour nous livrer un troisième LP sombre et pop. Glamour et complexe. Le Canadien s’amuse comme à son habitude à mêler les genres, souffler le chaud et le froid. On passe de la techno chirurgicale (Planet E, Bugatti) à la balade pop onirique (No fantasy required, Tell me your secret). Pour réaliser ce grand écart, son ami Matthew Dear est venu l’aider à la production No fantasy required fera aussi bien chiller les rêveurs que déhancher les clubbers.