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LAUDINE VERBRAEKEN
Kilti, Lille

Depuis deux ans, l’association Kilti propose des paniers culturels pour découvrir des jeunes artistes et des formes émergentes, et profiter de spectacles sur les différentes scènes de la métropole lilloise, des plus grandes (Opéra, Orchestre) aux plus petites (Biplan). La structure a aussi développé le concept à Paris et à Bruxelles. Avec un franc succès.

Qui a lancé Kilti ?
Nous sommes trois créateurs : Hélène Marchal, une réalisatrice de courts-métrages d’animation, Antoine Manier, le directeur des Rencontres audiovisuelles, et moi, Laudine Verbraeken, qui était chargée de projets aux Rencontres audiovisuelles avant de diriger Kilti. Hélène avait entendu parler d’un dispositif similaire à Nantes et nous avons voulu l’implanter à Lille. L’idée est simple : proposer un panier culturel chaque trimestre, sur le principe des paniers bio, pour faire découvrir différents lieux, bien implantés ou underground, et des artistes émergents. Nous avons lancé le premier Kilti à Lille en février 2014. Et dans la continuité, nous avons démarré des Kilti à Paris, à Bruxelles et sur le littoral du Nord (Dunkerque/Calais/Saint-Omer).

Que trouve-t-on dans ces paniers ?
Des produits culturels (CD, DVD, livres), des œuvres (photos, sérigraphies), des places de spectacles (concerts, théâtre, danse) et des entrées dans les musées. Chaque panier est un sac en tissu sérigraphié spécialement par un artiste autour d’un thème que nous avons déterminé à l’avance. Tout le contenu du panier est en rapport avec le thème. Pour ce mois d’octobre, le thème sera « L’un dans l’autre », qui traitera de la différence, de l’altérité. En janvier, ce sera un panier « cul », orienté sexe.

Si le thème du panier est connu, son contenu reste secret…
C’est la surprise totale ! C’est le principe de départ, mais nous allons faire évoluer la formule : c’est toujours difficile de dépenser 49 €, le prix d’un panier, sans savoir ce qu’il y a dedans. Même si à chaque fois, on retrouve dans le sac, deux produits culturels ou œuvres, et quatre sorties (le prix du panier est à 32 € pour les personnes en difficulté financière : étudiant boursier, demandeur emploi, bénéficiaire du RSA, NDLR).

Quand on achète un panier à 49 €, y a-t-il la valeur équivalente dans le panier ?
Largement… et bien plus ! En général, la valeur du panier est à peu près le double. Car nous négocions les prix quand on achète une centaine de livres ou de CD. Ou quand on récupère des invitations pour des spectacles qui sont en réalité assez chers.

Au-delà de la distribution du panier, Kilti se décline aussi en soirées…
La distribution des paniers se fait lors d’une soirée conviviale et détendue. Il y a des mini-concerts, des dessinateurs réalisent des croquis dans la salle ou toute autre proposition. C’est surtout un moment de rencontre et de discussion entre les acheteurs du panier et les artistes qui sont « dans » le panier. Car tous les artistes ou auteurs impliqués sont de la région concernée. Et les programmateurs des salles ou des théâtres sont là aussi pour parler des spectacles.

Quel bilan tirez-vous après plus de deux ans d’existence ?
Le projet est complètement réussi : il a une vraie utilité pour les artistes et il y a un intérêt constant du public. Le Kilti Lille fonctionne bien, avec 620 paniers vendus l’année dernière. Celui à Bruxelles marche très bien aussi, mieux qu’à Paris où il est plutôt difficile à mettre en place. Les Bruxellois sont hyper friands de ce genre de proposition et adorent venir aux soirées. Enfin, sur le littoral, le projet s’arrête. Il ne marche pas du tout, pourtant il y a de très bonnes propositions culturelles.

Comment envisagez-vous l’évolution à moyen terme du projet Kilti ?
Nous allons créer une franchise. Dans un premier temps, Paris et Bruxelles vont devenir totalement autonomes. Puis, celui qui voudra créer un panier Kilti dans sa ville pourra le faire facilement grâce à cette franchise. Sinon, pour le développement à Lille, nous allons renforcer les partenariats avec des structures culturelles. Par exemple, le Kilti d’octobre est réalisé avec Artconnexion : ils vont choisir le graphiste du sac et les œuvres à l’intérieur. Nous voulons aussi développer les ventes groupées de paniers à des universités, des comités d’entreprise ou des institutions. Tout avance !

Site internet
www.kilti.fr

Photographe : Ludo Leleu
Interview : Olivier Pernot