Le L.a.M,
Lille Art Museum

Unique musée européen à présenter simultanément trois des principales composantes de l’Art des XXème et XXIème siècles, Art moderne, Art brut, Art contemporain, le L.a.M de Villeneuve-d’Ascq séduit tant par le caractère et la richesse de ses collections que par son architecture inscrite en 2000 à l’inventaire des monuments historiques. Conçu en 1983 par l’architecte Roland Simounet pour abriter la donation Jean et Geneviève Masurel de 216 œuvres d’Art moderne, le musée connaît en 2006 une phase d’extension menée par Manuelle Gautrand pour accueillir l’exceptionnelle collection d’Art Brut l’Aracine. Visite.

Photo ci-dessus : Le modernisme du musée de Roland Simounet et l’extension biomorphique de Manuelle Gautrand

A la croisée du modernisme, de l’industriel et du contemporain, l’architecture du L.a.M ne tend pas vers le style tapageur, parfois ostentatoire des nouveaux temples de l’Art du XXIème siècle. Le musée d’origine livré en 1983 par l’architecte Roland Simounet, profondément marqué par les enseignements de Louis Kahn et Le Corbusier, privilégie la sobriété, le profil bas et les formes géométriques élémentaires. Implanté dans un parc de 23 000m2, l’édifice s’intègre aisément à son environnement immédiat jusqu’à épouser les courbes du terrain. Constitué d’un espace central bas et de deux ailes surélevées, le bâtiment s’aligne sur l’horizon d’où son allure de villa d’architecte ou de maison d’avant-garde. En brique rouge, verre, béton et pierre grise de Soignies, le L.a.M s’organise en une succession de parallélépipèdes de formes simplifiées et fragmentées, l’ensemble rythmé par un télescopage de lignes horizontales et verticales. Ce qui confère au lieu force et caractère. A cet écrin au départ pensé pour n’accueillir que la donation d’Art moderne de la puissante famille d’industriels Masurel, s’ajouteront en 2006 de nouveaux espaces dédiés aux 3500 œuvres d’Art brut de la collection l’Aracine. Sans contrarier le vocabulaire architectural de Simounet, cette extension de 3200m2 de Manuelle Gautrand n’en détourne pas moins les codes, offrant ainsi un autre équilibre à l’édifice. Axé sur l’architecture biomorphique, l’ensemble des nouveaux espaces rappelle la forme d’une main ouverte. A la rigueur géométrique de Simounet, Gautran répond par des modules déformés sur lesquels viennent se poser des murs rideaux en béton, découpés comme des moucharabiehs orientaux. Mais les deux projets, à presque vingt années d’écart, gardent un penchant commun pour l’uniformité  des matières, la rupture d’échelle et l’éclairage par la lumière naturelle. Trois orientations que l’on retrouve à l’intérieur.

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L’un des espaces imaginés par Manuelle Gautrand pour accueillir la collection d’Art brut

Un intérieur de bois, de céramique, de béton et de brique, respectueux des matériaux de la région, qui accentue la dimension intime des lieux. Agencées à la manière d’un appartement, d’un chemin labyrinthique ou façon « chapelle », les salles se découvrent en parcours libre. La lumière prégnante, qu’elle émane des baies vitrées, des sheds, des percées de moucharabiehs, est traitée suivant plusieurs angles, frontal, zénithal, d’appoint. Cette scénographie de l’élément lumière tisse d’étroites correspondances avec les œuvres et accompagne le visiteur au cœur des deux collections et du fond d’œuvres répartis sur 4 000m2. La partie Art moderne se cristallise autour de 150 peintures, 59 œuvres sur papier et 7 sculptures en majorité issues du fauvisme, du cubisme, de l’Ecole de Paris et du surréalisme. Braque, Dubuffet, Derain, Kandinsky, Klee, Miro, Picasso, Van Dongen, une large part de l’avant-garde du XXème siècle est exposée autour de deux œuvres phares de Amadeo Modigliani, «Nu à la chemise » (1917) et « Maternité » (1919). Juxtaposé, le fonds d’œuvres d’Art contemporain, enrichi chaque année de nouvelles acquisitions, offre une radiographie des tendances artistiques de notre temps d’Annette messager, Richard Serra, Daniel Buren, à Soulages et Allan McCollum. C’est sur la base de thématiques sur l’encyclopédie, la représentation des artefacts dans notre civilisation, le classement que les photographies, les installations, les peintures, les sculptures sont présentées. Distribuée sur les cinq espaces de Manuelle Gautrand, la plus importante collection publique d’art brut réunissant 3500 œuvres de 170 artistes français et étrangers, demeure la découverte incontournable du musée. Renouvelée tous les quatre mois, la collection de dessins, d’assemblages, de sculptures, de tableaux et d’objets réunit les grands noms de cet art si singulier : Aloïse Corbaz, André Robillard, l’Abbé Fouré, Augustin Lesage, Aldolf Wölfli …

Né de la volonté commune de donateurs, d’architectes et de conservateurs, le L.a.M est une invitation à parcourir les deux derniers siècles au prisme de l’Art. Ses collections majeures, son architecture racée et son jardin des sculptures de Calder à Deacon, en font un espace de découverte unique que l’on ne peut que recommander.

Le L.a.M : Lille Métropole, Musée d’Art moderne, d’Art contemporain et d’Art brut – 1, allée du musée -Villeneuve-d’Ascq
03 20 19 68 68

www.musee-lam.fr

Auteur : Pascal Sanson
Photographe : Max Lerouge