Lena
Deluxe

DEPUIS LE PRINTEMPS, les chansons pop de Lena Deluxe tournent sur la platine. Son premier album, Mirror For Heroes, est une douceur vintage. Sa voix ensorcelle et ses guitares légères évoquent les grandes heures de la Californie sixties. « J’aurais dû naître à cette époque ! », s’éclaire la chanteuse nordiste. « Je suis fascinée par les sixties. C’était une période de liberté, d’innocence. Il y avait un mouvement de la jeunesse, une contre-culture, une effervescence artistique. Les jeunes revendiquaient la révolution par l’amour et prônaient la paix. » La jeune femme est aussi influencée par le côté vestimentaire de ces années psychédéliques. Et l’été, elle aime se balader dans les rues de Lille dans des robes à franges, avec des fleurs dans sa longue chevelure blonde.

Mais Lena Deluxe n’est pas née à San Francisco dans les années 1960. Elle a vu le jour à Roubaix en 1985. Ses rêves d’ailleurs, elle les construit dès son enfance. « La musique était très présente dans la maison de mes parents. Nous chantions en toute occasion. Je viens d’ailleurs de retomber sur une cassette que nous avions enregistrée pour ma grand-mère. J’y chante avec mes trois frères et ma mère gratte quelques accords sur une guitare. Et je chantais aussi à l’église tous les dimanches. » À l’école, Lena participe à une chorale et tient le premier rôle de comédies musicales. Puis au conservatoire, elle apprend le piano pendant une dizaine d’années. « Mon rêve était de devenir actrice de cinéma. J’aimais les paillettes du cinéma hollywoodien et le fait de vivre des personnages, d’avoir 10 000 vies dans une seule. » Le destin en décidera autrement et Lena Deluxe sera musicienne. Après un master d’arts du spectacle à Lille, la jeune femme réussit une audition pour accompagner aux claviers la chanteuse pop folk Brisa Roché. « Nous nous sommes lancées directement dans une tournée de 50 dates, avec passage dans des immenses festivals comme les Vieilles Charrues, Montreux Jazz ou Sziget. À 23 ans, je vivais le rêve rock’n’roll à fond. » En parallèle, la Roubaisienne assure des choeurs et des claviers pour le groupe lillois Roken Is Dodelijk qui, lui aussi, aura un succès immédiat. « J’ai eu beaucoup de chance dès le début », confie-t-elle. L’aventure Lena Deluxe démarre aussi à cette époque. « J’écris des chansons depuis que j’ai 17 ans et en 2006, je fais mes premiers concerts, à la Flèche d’Or à Paris et au Grand Mix à Tourcoing pour les sélections du Printemps de Bourges. »

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Depuis une petite décennie, Lena Deluxe peaufine ses chansons et vient d’en graver une dizaine sur l’album Mirror For Heroes. Un disque sensible aux ornements vintage qu’elle a enregistré avec un producteur Henry Hirsch. « Je l’ai rencontré grâce à Brisa Roché. Il a travaillé avec Lenny Kravitz, Mick Jagger et Madonna. » C’est chez lui, à une heure de New York, que la french girl a enregistré une grande partie de son album sur des belles consoles analogiques et magnétos à bandes. Dans une église transformée en studio d’enregistrement ! Ce disque se révèle aussi pétillant que Lena, même si son propos est plutôt triste : « Mes chansons parlent du mythe de l’amour parfait qui nourrit tes fantasmes et tes larmes… »

MIRROR FOR HEROES LP
Lena Deluxe, Tourne Disque / Wagram

SITE INTERNET
www.lenadeluxe.fr

Auteur : Olivier Pernot
Photographe : Ludo Leleu