LOUIS
AGUILAR

LOUIS AGUILAR LA SORTIE DE L’EP, IT’S ALL GONNA BE FINE confirme la dextérité avec laquelle Louis Aguilar a su embrasser les univers folk, rock et pop. Depuis l’adolescence et son premier opus à l’esprit Greenwich Village, le musicien n’a cessé de porter allégeance, avec talent, à ses idoles Woody Guthrie, Bonnie Prince Billy et Dylan en tête. Chantre de la tradition orale et story-teller averti, avec Louis Aguilar & The Crocociles Tears qu’il fonde en 2011, il porte l’étendard d’une musique americana décomplexée qui lorgne vers l’indie. C’est avec sérénité et ferveur que le crooner et sa bande préparent cette fin d’année entre nouvel opus, résidence et live au Trianon de Paris. Rencontre.

LA FIGURE DE DYLAN OCCUPE UNE PLACE PARTICULIÈRE AU DÉBUT DE TA CARRIÈRE. PEUT-ON PARLER D’ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR ?

J’ai eu des périodes un peu charnières. J’ai commencé la guitare avec Offsprings, puis Led Zeppelin. À chaque fois j’étais à fond dans le groupe et j’achetais tous les disques, pour les décortiquer. À l’écoute de l’album 3 de Led Zeppelin je me suis orienté vers le folk, l’accoustique. Est alors arrivé Bob Dylan. Je me suis focalisé sur une période précise de sa discographie, jusqu’à Blood on the tracks en 1974 à peu prés. Ce qu’il a déclenché chez moi, c’est la partie « one man band ». Je me suis dis que c’était possible de faire un show relativement complet, et qui ne soit pas soporiphique… De lui, j’ai appris la portée des textes, élément auquel je ne faisais pas forcément attention.

QUAND, À DIX-NEUF ANS, TU PARS POUR LE MIDWEST AMÉRICAIN, QUELLES SONT TES ATTENTES ?

Je voulais sortir de ma zone de confort pour avoir des histoires à raconter. Je me disais que si je restais à Lille, il ne m’arriverait rien. Je n’avais pas d’attentes précises, j’avais besoin de vivre une expérience différente. Et je me suis retrouvé embarqué en tournée dans un groupe de country formatée « variété » à jouer quatre heures de reprises dans des saloons où ça dansait autant que ça se battait…

QUELLES ÉVOLUTIONS Y A T-IL EU AU FIL DE TES PRÉCÉDENTS ALBUMS ?

J’ai testé pas mal de choses. Sur le premier, c’était juste guitare-voix, sans arrangement, sur cassette… Sur le deuxième, réalisé en studio, j’ai essayé de pousser l’écriture vers plus de légèreté à la Devendra Banarth. Je jouais sur des guitares à cordes en nylon, en picking, avec des riffs tous simples, de petits instruments et des choeurs. Pour le troisième, c’était juste avant de partir aux États-unis, je me suis orienté sur la folk, le pur songwriting à la Bonnie Prince Billy. L’écriture était plus sombre. Ce qui a surtout évolué, c’est ma technique d’enregistrement. Je sais aujourd’hui jouer plus d’instruments qu’à mes seize ans, donc je produis mieux mes démos. Par contre ce qui n’a pas changé, c’est que je continue d’écrire des morceaux, de les enregistrer à la maison. Ça ne partira jamais.

POURQUOI LE CHOIX DU FORMAT EP MAINTENANT?

Je ne voulais pas forcément me remettre dans la réalisation d’un album. J’ai besoin de prendre le temps pour le faire, de laisser mûrir des chansons. Cet Ep me permet surtout d’essayer de nouvelles pistes. Pour un album, j’envisage plutôt le printemps 2016.


IT’S ALL GONNA BE FINE EP, sortie septembre 2015 Louis Aguilar, Autoproduction

SITE INTERNET
www.facebook.com/louisaguilarmusic

AUTEUR : Pascal Sanson
PHOTOGRAPHE : Mathieu Farcy