MARINE, CAMILLE & ROMAIN

Paillette Tempête, Lille

Avec ses accroches ravageuses « Paillette Tempête, c’est comme un ouragan qui pass’rait sur toi. Mais en mieux » ou « Le suicide commercial à portée de toutes les oreilles », le collectif lillois Paillette Tempête se distingue et caractérise par la combinaison d’un esprit un tantinet surréaliste, d’une oreille musicale de défricheur et de la pratique du D.I.Y. Organisateur de soirée et DJ’s, le trio composé de Marine, Camille et Romain, n’a pas la prétention de révolutionner les dancefloors, juste de porter un souffle particulier sur ces derniers, en mariant décorum et sélections pointues, pop indépendante et des paillettes plein les yeux.


Comment vous êtes-vous rencontrés ?
C — On gravite depuis longtemps autour des mêmes concerts et festivals.
R — À vrai dire, on s’est pas mal croisés et rapprochés depuis 2014, mais je ne me souviens plus clairement de l’origine de Paillette Tempête…
M — Mais si : n’écoutant que notre taux d’alcoolémie, on a commencé à manigancer des fêtes pailletées tard dans la nuit aux Transmusicales de Rennes…

Vos activités professionnelles respectives ont-elles un lien avec la création du collectif ?
M — Si on a la grande chance de bosser dans des salles de concerts qu’on adore, l’idée de Paillette Tempête c’est de proposer quelque chose d’encore plus personnel : une belle grande récréation après le travail !
C — L’environnement professionnel a facilité notre projet. Mais on aspirait déjà à monter des « paillettes party » : le destin nous aurait sûrement réunis d’une manière ou d’une autre, car c’est une passion qui nous anime indépendamment de notre « taff ».

À quoi fait référence, s’il en est une, le nom Paillette Tempête ?
C — C’est un oxymore, un clair-obscur qui évoque les jeux de lumière « pourave » des boums de lycée autant que le coup de foudre d’un concert qui te prend aux tripes par surprise.
R — Je me souviens qu’on adorait l’idée de « Requin-Chagrin » ! On est parti de ce paradoxe mignon-méchant pour définir sans équivoque ce qu’on propose : populaire et pointu, sexy et furieux… et un côté naïf et « amateur » qui nous plait bien.

Quel est le concept de vos soirées ?
C — On voulait surtout produire des petits groupes qui nous plaisaient. Et puis ne pas se cantonner au « simple » concert de niche : un karaoké pour chanter la bande originale de la vraie vie, c’était parfait !
M — L’idée est d’organiser une vraie fiesta « comme à la maison » ! Avec des DJs musiciens-copains qui te font danser jusqu’au bout de la nuit ! Tu n’oublies pas une décoration débordante, et tu y es !
R — C’est aussi le fruit de nos frustrations de passionnés : Paillette Tempête est un défouloir régressif et thérapeutique où on mélange tout. On oublie ce que signifie le bon goût, le buzz, la hype, l’underground…

Comment vous répartissez-vous les rôles et les fonctions au sein de la structure ?
M — On se voit plus comme un collectif que comme une structure : chacun touche à tout et il n’y a pas d’habitudes. On se connaît assez bien et ça nous permet d’être naturellement complémentaires !

Défendez-vous une ligne musicale en particulier dans vos dj sets ?
M — La danse : ce qu’on aime c’est bouger et faire bouger ! Quand on passe nous-mêmes du son, on est clairement plus à l’aise sur des esthétiques pop-électro, groovy, R’n’B et disco.
R — On reste dans cette idée de qualité décomplexée : jouer avec les codes et jouer des titres très pointus qui côtoient les tubes de mariage dégueu c’est notre plaisir ultime.
C — On préfère inviter des vrais talents du coin à passer du son, comme Charly Lazer, Laurent (Electropolis sur RCV), Azur et tant d’autres auxquels on donne carte blanche !

Vous aviez mis en ligne une compilation, la cassette parfaite #1 en 2016. et cette année ?
R — On s’est vite rendu compte qu’une compilation à télécharger c’était déjà has been en 2016. Notre passion pour la découverte musicale est primordiale.
M — C’était à un moment où on a été rattrapés par notre communication « chouki-guimauve » et où tout le monde nous résumait à des décorateurs-fêtards. On a voulu proposer une sélection artistique pointue pour rappeler la dualité de notre concept.
C — L’été 2017 serait bien trop triste sans cassette parfaite : on vous propose un petit mix spécial Bon Temps !

Retrouvez le mix estival et inédit
de Paillette Tempête sur www.bon-temps.fr

www.facebook.com/PailletteTempete

Photographe : Mathieu Farcy / Signatures
Interview : Pascal Sanson