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Maxime & Sébastien
The Steidz magazine

Ci-dessus :
© AG. Uplist / DR

Apparu en 2015 dans le paysage des magazines culturels, l’annuel The Steidz offre une radiographie inspirée des personnalités et mouvements qui traversent l’art contemporain, le design, la mode… Un défi éditorial relevé avec talent par ses fondateurs Maxime Gasnier et Sébastien Maschino, l’un endossant les fonctions de directeur de publication – rédacteur en chef, l’autre d’éditeur – responsable de développement. Exigence rédactionnelle, rubricage clair, expérimentations typographiques et graphiques, The Steidz innove et décloisonne disciplines et genres. Disponible dans les galeries, librairies et musées, le tout frais numéro #2 se décline en version bilingue et mise sur une distribution choisie et internationale. Rencontre.

Fréquemment, on entend dire que se lancer dans l’édition d’un magazine relève du pari fou. Qu’en pensez-vous ?
Maxime — Je comprends que certains puissent le penser. Il faut bien évidemment « recontextualiser » la santé économique de l’édition, où crise de la presse papier et domination numérique ne sont pas particulièrement favorables à de nouveaux projets print. Mais le magazine, tel que nous le percevons, trouve son public spécialisé ; nos lecteurs sont sensibles à la société de l’image et de la communication, à l’édition et à la création.
Sébastien — The Steidz est un magazine « de niche », prospectif dans le domaine de la création. La presse spécialisée ne connaît pas la même érosion que la presse généraliste qui, confrontée au web, peine à trouver son modèle économique. Notre lectorat de trendsetters est à la recherche de supports qualitatifs et inspirants, alliant du contenu à une véritable expérience de lecture.

Quelle est la signification du nom The Steidz ?
M — «Steidz» est la transcription phonétique du mot anglais « stage » : [steɪʤ]. C’est un terme monosyllabique qui reflète bien l’image du magazine. Il évoque la scène et donc la mise en lumière de talents sélectionnés au fil des pages. C’est aussi un panorama de la création contemporaine qui est rassemblée, comme sur scène, en une seule unité de lieu.
S — Il y a une consonance intéressante avec ce mot, même si chacun le prononce différemment.

En quelques mots, comment définiriez-vous votre magazine ?
S — Une grande exposition collective regroupant des artistes confirmés et émergents, s’affirmant à travers des valeurs d’inspiration, de fonction et d’influence.
M — Talents, concepts et expériences, trois mots correspondants au rubricage du magazine.

La qualité est plus proche d’une belle revue que d’un magazine. Était-ce l’objectif ?
M — Oui, cela est d’une certaine manière permis par la périodicité annuelle qui nous autorise à déployer diverses sensibilités a contrario de la presse habituelle que l’on achète. La feuille de calque annonçant le portfolio principal participe également à la dimension « matérielle » du magazine.
S — Nous apportons un soin particulier à la fabrication de The Steidz qui ressemble dans sa conception davantage à un catalogue d’exposition. La dénomination de « magazine » démocratise le « bel objet » et rejoint l’esprit du magazine : une esthétique pop et une ligne éditoriale accessible.

Dans les multiples propositions actuelles liées à l’art, à laquelle êtes-vous le plus sensibles ?
M — À presque tout ! L’art évolue tellement, tant au niveau de sa forme que de sa monstration, qu’il faut rester sensible à ses mutations. En revanche, je ne suis pas un adepte des œuvres expérientielles, trop didactiques. Elles sont, selon moi, beaucoup trop confondues à la notion de spectacle. Par exemple, je ne comprends pas les personnes qui applaudissent à la fin d’une performance. Le font-elles devant une sculpture ou un tableau ?
S — J’apprécie d’une manière générale toutes les formes de créations contemporaines, du moment où elles s’adressent autant à notre sensibilité qu’à notre esprit.

Comment voyez-vous évoluer le magazine ? Envisagez-vous l’organisation d’événements ?
S — Nous concevons ponctuellement des événements pour des foires d’arts et développons également notre activité d’éditeur en collaborant avec des galeries, institutions et artistes. Mais je crois que nous adorerions avoir un espace entre galerie et studio d’édition, permettant d’aborder la création différemment.
M — J’aimerais accentuer le rythme de publication avec un format d’édition différent, en semestriel. L’organisation d’expositions nous intéresse, mais l’on peut déjà considérer que The Steidz est une galerie sur papier !

Site internet
www.thesteidz.com

Interview : Pascal Sanson