MUSÉE DE LA VIE
ROMANTIQUE

NICHÉ DANS LE NEUVIÈME ARRONDISSEMENT DE PARIS, le musée de La Vie romantique est l’un des joyaux du patrimoine que la capitale offre à voir aux visiteurs. Lieu de rendez-vous de l’intelligentsia de la première moitié du XIXe siècle, l’hôtel bourgeois fut au centre de la vie artistique, tout comme le maître des lieux le peintre romantique Ary Scheffer. Sand, Delacroix, Litz, Tourgueniev, Chopin… Les personnalités de la vie artistique et intellectuelle firent les beaux jours de cet havre de paix. Depuis 1983 et sa réhabilitation, la demeure, les ateliers d’artistes, le parc rendent palpable l’énergie créatrice de ce haut lieu du romantisme et ressuscitent un pan de l’histoire de la famille Scheffer-Renan et de l’écrivain George Sand. Visite.

Souvenir des maisons d’artistes de la Monarchie de juillet, le musée de La Vie romantique présente le charme discret des pavillons à l’italienne et de leur écrin de verdure. Construite en 1830, au coeur de la Nouvelle Athènes, la demeure témoigne de l’effervescence artistique dans laquelle évoluait son premier occupant, le peintre hollandais Ary Scheffer (1795-1858). Figure de la vague romantique, portraitiste mondain, peintre d’histoire, professeur de dessin des enfants du futur roi Louis-Philippe, Scheffer occupait une place de choix dans les hautes sphères de la société. Propice à la création et au divertissement, la maison répondait au faste de son propriétaire, et sur elle, planent encore les échos des salons, récitals et des dîners où se pressait l’élite. Ces temps révolus nous sont aujourd’hui restitués, presque à l’identique, et ce dès l’entrée de la propriété où, distribués autour d’une cour pavée, deux ateliers confirment la vocation artistique des lieux. À droite, l’atelier de peinture des frères Scheffer, à gauche l’atelier faisant office de salon et qui vit défiler les plus grands esprits. Jouxtant un jardin d’hiver, le pavillon revendique des inspirations méditerranéennes et son rez-de chaussée nous plonge dans l’univers de l’écrivain George Sand (1804-1876).

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Le Salon George Sand memorabilia de sa maison de Nohant

Dans un décor signé Jacques Garcia, plus de deux cents objets témoignent de son intimité, de l’importance accordée à l’Art. À commencer par le cabinet des bijoux, habité par la relation passionnée entre Sand et Chopin, matérialisée par les moulages de la main du pianiste et du bras de l’écrivain. Autour de son buste par Auguste Clésinger, mille et uns souvenirs forment un memorabilia ; des peintures de Delacroix, d’Ingres au Rubis offert par la mère de Louis XVI à son aiëule. Le salon de Georges Sand demeure la pièce maîtresse. Entouré des meubles de l’écrivain (bureau Louis XV, fauteuils cabriolets, commode tombeau) le célèbre portrait de 1838 par Charpentier domine ses illustres ancêtres évoqués par le pastel du Maréchal de Saxe par Quentin de la Tour et portrait de Marie-Aurore de Saxe. Un cabinet d’arts graphiques, dans laquelle sa passion confidentielle pour l’aquarelle est levée, vient clôre cette première étape de la visite. L’étage livre une radiographie éclairée des talents d’Ary. La chambre « des portraits » souligne l’importance de la figure féminine dans le mouvement romantique, associant les gloires de l’époque à la sphère familiale du peintre. Le salon des Orléans consacre quant à lui l’une des premières femmes sculpteurs, la princesse Marie d’Orléans et relatent les liens privilégiés entre les Scheffer et la famille royale. Le cabinet voisin expose l’oeuvre d’Ary Scheffer dans toute sa diversité, des peintures d’histoire au style néogothique, du romantisme au début de l’exotisme, toutes à fortes résonnances littéraires. Ce voyage au coeur du XIXe siècle s’achève sur l’évocation d’Ernest Renan, membre de la famille et illustre intellectuel, ultime personnalité notable liée à l’histoire de cet hôtel si particulier.

MUSÉE DE LA VIE ROMANTIQUE
16, rue Chaptal, Paris (9e arr.)

RENSEIGNEMENTS
01 55 31 95 67
www.vie-romantique.paris.fr

AUTEUR : Pascal Sanson