PiiAf

Pierre, Lancelot & David, Radio PiiAF

– Paris

Motivés et indépendants, Pierre Zuccolin, Lancelot Bernheim et David Oussadon ont décidé de fonder en 2013 une plateforme culturelle sur internet pour promouvoir les jeunes talents. Sur Radio PiiAF, les trois amis allient passion et envie de se faire plaisir et professionnalisme. Avec pour signature un oiseau qui montre les muscles, la webradio PiiAf, libre et mordante, a en trois ans, pris ses marques et propose à ce jour pas moins de dix-huit émissions, webséries et rendez-vous culturels.
C’est entre quatre murs graffités que le trio nous a reçu, dans son petit studio parisien, au cœur du deuxième arrondissement.

Quelle est la genèse de la webradio PiiAF…
David — Nous nous connaissons depuis l’enfance, ce projet de webradio, c’est avant tout une histoire d’amitié. On l’a créée en 2013 alors qu’on venait d’univers différents : Pierre du secteur commercial, Lancelot du cinéma et moi de la communication.
Pierre — À l’époque, on avait chacun des projets mais il nous manquait un canal de diffusion. On a donc décidé de monter un média sur internet.
Lancelot — C’est aussi l’idée d’entreprendre dans l’art qui nous a réuni. Un média comme PiiAF, ça permet d’être proche d’une culture underground-alternative qui nous concerne.

Comment avez-vous concrétisé votre projet ?
D — On a vite levé de l’argent pour payer le studio et le matériel. On a crée une agence de communication pour subvenir aux besoins de notre radio, qui n’est pas monétisée. On ne voulait pas faire quelque chose de bancal, avec deux-trois bouts de ficelles.
L — On pensait que le fait de ne pas avoir d’expérience en radio était un avantage. On voulait garder cette fraîcheur, aussi bien sur nos choix musicaux que les thèmes des émissions.

La programmation sur Radio PiiAF est assez éclectique, décloisonnée…
D — On écoute et on diffuse de tout, on ne veut pas s’enfermer. Comme l’idée de départ du label Ed Banger, l’objectif est de bouger la tête autant sur du rock que sur du rap.
L — Radio Nova nous a « élevé » dans une grande diversité musicale. On a envie de chercher ce qui est beau là où il est, et parfois il est bien caché.

Vous défendez principalement des artistes en autoproduction…
L — On veut proposer des choses nouvelles. À l’inverse des canaux de diffusion existants, on cherche à mettre en avant les nouveaux talents.
P — L’industrie musicale connaît une énorme crise. Le fait de réfléchir la radio autrement, sur internet, pourrait faire partie des clés pour que les artistes soient mieux rémunérés. Participer à cette réflexion, ce renouveau, c’est motivant.

Vous avez déjà eu l’envie d’un passage à la FM ?
P — Nous sommes très bien sur internet. L’intérêt pour les webradios est croissant. Et puis ça démultiplie les accès et les fonctions. On n’est plus seulement un canal audio mais un écran sur lequel on peut interagir et proposer du contenu. Radio PiiAF est une vraie plateforme culturelle.
L — Quand on a commencé, le terme webradio était synonyme d’associatif, de « fait maison », voire de médiocre qualité. Maintenant cela évoque l’indépendance, une alternative.

Quel chemin parcouru en trois ans…
L — Plus de 1500 invités. D’ailleurs chacun a fait une petite dédicace sur les murs du studio et il ne reste plus beaucoup de place.
P — Et on prend toujours autant de plaisir à donner la parole à de jeunes artistes et à réfléchir au contenu créatif.
D — Aujourd’hui, nous sommes sur une audience de 2000 et 3000 auditeurs par jour. On a encore une bonne marge de progression en terme d’audience mais c’est pas mal.

Vous êtes sur quelle(s) actualité(s) pour cette année 2016 ?
D — En partenariat avec le festival Rock en Seine, nous allons créer une radio éphémère le temps du festival pour mettre en avant les jeunes artistes d’Avant-Seine (ndlr: les 26,27 et 28 août).
L — On réfléchit aussi à la grille d’été. Et puis on a de nouveaux programmes pour la rentrée. Notamment une émission enregistrée en public dans le fameux restaurant Dans le Noir, où les gens mangent dans l’obscurité. Une sorte d’intimité s’installe lorsque tout le monde est plongé dans un noir total. On parle différemment. Après tout, la radio est un média sans image.

www.piiaf.com

Photographe : Simon Lefebvre
Interview : Hugo Brisset