Playlist printemps 2018

 

 

NIKLAS PASCHBURG
OCEANIC — (7K! records / !K7  records)
Nouvel porte-étendard de la vague des compositeurs « néo-classique », l’allemand Niklas Paschburg trouve l’inspiration dans l’infini et l’ivresse des vagues de la mer Baltique. D’une beauté à couper le souffle, Oceanic est un opus émotionnel, surfant tant sur la mélancolie, l’extase que la sérénité. Sans être révolutionnaire, la richesse de ses textures sonores, due au traitement électronique d’instruments classiques (piano, basse, accordéon…) associé aux murmures des éléments que sont l’écho des vagues, le souffle du vent, confère pourtant à cet album sa singularité et sa virtuosité. Oceanic sera t-il l’album qui sortira Niklas Paschburg de sa trop grande confidentialité ?
 
 

PARK JIHA
COMMUNION — (tak :til / Glitterbeat / Differ-Ant)
A la croisée du free jazz et de l’ambient, la Sud Coréenne Park Jiha développe un vocabulaire musical propre dont Communion confirme l’originalité, l’hypnotisme et un goût assumé pour l’expérimentation. La multi instrumentiste, membre du duo [su :m], pour son premier opus solo démontre une fois de plus son attrait pour la fusion des instruments traditionnels asiatiques et instruments occidentaux, à l’image de ceux présents sur Communion, le Piri, le saxophone, la clarinette basse, le vibraphone et autres percussions. Flirtant entre le chaos et la sérénité, jouant sur les extrêmes, cet album n’en dehors pas moins d’une grande simplicité et très accessible, prompt à embarquer l’auditeur en territoire inconnu.
 
 

CARL CRAIG
VERSUS REMIXES — (InFiné / Planet E)
Il est de coutume que certaines sorties d’albums s’accompagnent d’une série de remixes, n’apportant le plus souvent rien de concluant. Versus remixes n’est pas dans cette veine. Un an après sa sortie Versus de Carl Craig Feat. Francesco Tristano & l’Orchestre Les Siècles se voit agrémenté de quatre remixes non dénués de sens. Ainsi, Henrik Schwarz et Tom Trago insufflent au titre The Melody, pour l’un une touche d’exaltation, pour l’autre un son purement techno. Avec Domina, Benedikt Frey joue la carte de l’ambient bucolique… Notre coup de cœur revient à Antigone, dont la magistrale relecture de At Les nous entraîne dans de sombres et cinétiques contrées. Mission réussie.
 
 
SASO
TOUT EST SAUVAGE — (autoproduit)
Après deux EP’s, l’artiste lilloise SaSo livre un premier album marqué par la spontanéité, par une « animalité positive » qui n’est pas pour nous déplaire… Synthèse de quelques années d’écriture, les textes de Tout est sauvage qu’ils soient dans la langue de Molière ou de Shakespeare, ont cette capacité à camper un univers, un territoire fait de va et vient entre l’intime et un humanisme sincère. Aux frontières de la folk et du rock, les sonorités recherchées ne tombent jamais dans le superflu, dans l’artifice mais privilégient la justesse et la simplicité pour mieux mettre en lumière le verbe et la poésie. Dix titres authentiques, inspirés, portés par l’émotion.