Playlist Automne 2018

 

 
KURT VILE
BOTTLE IT IN — (Matador / Beggars)
Ancien membre de The War On Drugs, Kurt Vile continue sa carrière solo avec une belle régularité : sept albums et un autre en collaboration avec Courtney Barnett en dix ans. Pour ce nouveau long-format, l’Américain retrouve son groupe habituel, The Violators, composé de Jesse Trbovich (guitare, basse, saxophone), Rob Laakso (guitare, basse, claviers) et Kyle Spence (batterie). En treize titres, composés sur la route et enregistrés dans différentes villes américaines, Kurt Vile expose un condensé de rock cool et mélodique, avec des foisons de guitares fugitives et une langueur vocale qui rappelle parfois Lou Reed. Il invite même à plonger dans trois somptueuses chevauchées qui avoisinent les dix minutes.
 
 
MARIE DAVIDSON
WORKING CLASS WOMAN — (Ninja Tune)
Le redoutable label anglais Ninja Tune parie sur les femmes en cette rentrée : deux beaux disques électroniques arrivent ces jours, signés par Helena Hauff et Marie Davidson. Cette dernière, Montréalaise, est la moitié du duo Essaie Pas qu’elle forme avec son compagnon le Français Pierre Guérineau (interview dans BT#7, printemps 2016). En solo, Marie Davidson invente une chanson électro urbaine, bancale et viscérale, aux rythmiques sèches et sommaires, à l’image du single So Right ou du titre Work It. Cet album, son quatrième, révèle aussi des plages ambient saisissantes (Day Dreaming, La Chambre intérieure) et des hymnes électro en tension (Workaholic Paranoid Bitch, Burn Me).
 
 
PARCELS
PARCELS — (Kitsuné / Because)
Depuis deux ans, la côte des Australiens de Parcels ne cesse de monter : un mini album indépendant, un déménagement à Berlin, une signature chez Kitsuné, un second mini album (Hideout), un titre produit par Daft Punk (Overnight), des concerts très enthousiastes un peu partout. Le premier album du groupe arrive enfin, comme un soleil printanier en plein automne. La pop de Parcels est joyeuse, mélodique, naïve, planante, avec des arrangements qui allient simplicité et efficacité (le single Lightenup). Cet album aux contours laidback, seventies, révèle un grand morceau ensorcelant (Everyroad) et quelques douceurs rétro qui rappellent le dernier album de Daft Punk. Souhaitons-lui pareille destinée !
 
 
DOMINIQUE DALCAN
TEMPERANCE VOL. 2 — (Ostinato / Differ-Ant)
Au printemps 2017, Dominique Dalcan, déjà connu sous l’alias Snooze, était apparu sous une nouvelle identité, Temperance, avec un premier album envoûtant. Un disque de chanson anglophone, électronique et mélancolique, aux textures synthétiques raffinées et à l’impeccable force mélodique. Ce projet, sorti discrètement, a eu un coup de projecteur inattendu en raflant la Victoire de la Musique du meilleur album électronique. Dans la continuité, Dalcan offre une prolongation en neuf plages toutes aussi séduisantes, avec une instrumentation d’une grande richesse harmonique et d’une belle profondeur atmosphérique. L’automne sera plus doux avec cet album à écouter.