Playlist été 2018

 

 

OISEAUX-TEMPÊTE
TARAB — (Sub Rosa / Differ-ant)
Après nous avoir fait voyager en Grèce, en Turquie, en Sicile, au Liban, le collectif de musiciens migrateurs Oiseaux Tempête revient avec Tarab, album hypnotique, habité par les forces telluriques et enregistré en live. Un album comptable de leurs errances et une occasion rêvée pour revisiter les opus précédents, de les reformater, triturer, étirer. Fidèle à leur signature musicale, Oiseaux Tempête n’en finit pas de nous surprendre, d’une part par leur générosité, d’autre part par leurs expérimentations accrues et leur volonté intangible de gommer les frontières entre les genres, entre notes et verbe.
 
 

VOYAGES III
BEYOND DARKNESS — (Pan European recording)
Dix années après Voyage, et sa suite Voyage II : Mort pour la France l’un des plus novateurs et audacieux labels français Pan European Recording sort Voyage III : Beyond Darkness. Seize titres réunissant les plus belles signatures et les nouveaux venus du label ; Fantômes, Flavien Berger & Etienne Jaumet, Lisa Li Lund, Koudlam, Louise Roam, Hanaa Ouassim… Cette nouvelle compilation ne se résume pas à un trip cosmique, loin de là, jouant plutôt les équilibristes entre pop décomplexée, accents « brit pop », balade et fantaisie électronique ou pur songwriting le tout respectant une belle homogénéité.
 
 
BRISA ROCHE
FATHER — (BlackAsh / Wagram)
Après six albums, c’est avec un opus marqué par la confession que la californienne Brisa Roché revient sur le devant de la scène. Produit par John Paris, fidèle de P.J. Harvey, Father conte la relation fusionnelle, presque amoureuse et un peu toxique, de l’artiste pour son père disparu alors qu’elle n’était qu’une adolescente. Il en résulte un album intime, bouleversant, sombre porté par une voix unique qui n’est pas sans rappeler les idoles folk des sixties et seventies. Un disque aux compositions folk volontairement minimalistes, aux accents parfois chamaniques, propice à plonger l’auditeur dans l’introspection et une infinie beauté.
 
 
ARABSTAZY
UNDER FRUSTRATION VOL. 1 — (Infiné)
Sur cette première radiographie de la scène électronique orientale, on retrouve quelques noms familiers Deena Abdelwahed, Mettani, Okydoky… Cet état des lieux dressé par le collectif tunisien Arabstazy et accompagné par Infiné, révèle la richesse des ponts tissés entre tradition et modernité et l’émergence d’un écosystème artistique maghrébin. Hétéroclite, loin du cliché de la lounge music électro orientale, Arabstazy compile avec pertinence des tracks aux couleurs abstract noise, Independant Dance Music, club music et indie. Un premier opus instructif et engagé qui devrait être suivi de deux autres courant 2018-2019.