La playlist printemps 2017

Ci-dessus :
James Green

1/ GOLDFRAPP — Silver Eye (Mute – Pias)

Quatre ans après la sortie du mélancolique Tales of us, le duo britannique Goldfrapp, revient avec le rêveur Silver Eye. Album bipolaire tourné vers les étoiles, la terre et les rituels païens, Silver Eye souffle le chaud et le froid, au risque de désarçonner les fans de la première heure. Et pourtant, en jouant la carte du va-et-vient entre pop discoïde et ambiance contemplative, ce nouvel opus s’avère être la synthèse parfaite de leur univers. Entouré, entre autres, des producteurs Leo Abrahams (Brian Eno), John Congleton (St-Vincent), le duo livre des compositions marquées par la sensualité, l’ésotérisme et l’extase. Un disque d’une beauté sans égale.

2/ JACQUES GREEN — Feel Infinite (LuckyMe)
Comme un cadeau tombé du ciel, le premier album du canadien n’a pas quitté nos platines depuis sa sortie. En effet, Feel Infinite détonne par son caractère sensitif, oscillant entre l’introspection et le lâcher-prise à l’image des titres You see all my light, True, Afterglow ou du renommé You can’t deny. Bien que l’ADN de l’album soit la House music, tout le talent du montréalais est de la mâtiner d’éléments techno, RnB, Hip hop ou UK garage jusqu’à en faire sa marque de fabrique. Au-delà de son statut de Dj et producteur, Jacques Green se pose ici en radiographe éclairé de la culture club et ce pour notre plus grand plaisir.

3/ FRAU SILBERFISCHER — Get Lost (Bon Temps Records)
Avec Get Lost, Ep humaniste et intimiste marqué par les turbulences du monde contemporain, Frau Silberfischer donne suite à Spectrum sorti l’an dernier. Entre ombre et lumière, mélancolie et rédemption, la musique d’Elke demeure atmosphérique et propice à l’exploration de nouveaux territoires sonores. Savamment orchestré, ce nouvel opus se joue des règles imposées combinant fluidité des instruments analogiques et bruts enregistrements de terrains. En cinq titres minimale techno, la Dj prouve une fois de plus son attachement aux univers sonores complexes et cinématographiques.

4/ MAXïMO PARK — Risk to exist (Daylighting – Cooking Vinyl)
Nous les avions découverts avec le flamboyant album A certain trigger en 2005, puis en guise de dernières nouvelles, le groupe nous avait livré un cinquième album Too much information en 2014 avec l’imparable tube Leave this island. Trois ans plus tard les héros indie punk rock de Newcastle reviennent avec l’engagé Risk to exist. Un album aux accents pop, soul et groovy sur lequel, une fois n’est pas coutume, le leader Paul Smith s’efface sur cinq titres pour laisser chanter Mimi Parker du groupe US Low For The Record. Retour d’une valeur sûre de la pop indépendante made in UK.

5/ FABRIZIO RAT AKA LA MACHINA — Technopiano (Involve Records)  
Figure singulière dans le monde du clubbing, Fabrizio Rat a longtemps mené la double vie de pianiste hors pair et d’aficionado de Dance music. Pianiste pour les groupes Cabaret contemporain et Magnetic ensemble, ce n’est qu’en 2016 sur le label Optimo Trax qu’il concrétise avec La Machina sa vision de la musique ; mélange entre le piano et les boîtes à rythmes cultes de la techno. Avec Technopiano, l’artiste italien confirme son désir de symbiose entre la rigueur de l’instrument classique et les imperfections des boîtes à rythmes. Hypnotique et répétitive, cette musique va vous transporter loin, très loin.

6/ DEENA ABDELWAHED — Klabb (Infiné)
Jeune productrice tunisienne, Deena Abdelwahed a fait ses armes au sein du groupe de jazz So Soulful et derrière les platines du collectif World Full of Bass. Soutenue par Acid Arab et Debruit, la musicienne autodidacte fait de ce premier Ep, le porte-étendard de ses aspirations, bousculant les formatages et tissant des ponts entre bass music, ambient, techno et musiques traditionnelles panarabes. Klabb, un exercice de style maîtrisé et réussi, dont les quatre titres ne laissent aucun doute sur l’étendue de son talent. La future musique club arabe connaît déjà le nom de son égérie.

7/ ELLEN ALLIEN — Nost (BPitch Control)
Septième album solo pour la reine de la musique techno made in Berlin. Avec Nost (nostalgie), Ellen Allien continue son exploration du son qui imprègne la nuit, les soirées, le quotidien de la capitale allemande. Avec pour objectif de transporter l’auditoire vers la transe, la productrice et Dj réitère sur cet album son attachement aux atmosphères indus, aux touches acides, aux basses ondulantes et à l’exploration sans limites de sa voix. En dix titres, Ellen Allien prouve une nouvelle fois que bien qu’établie, elle n’hésite pas à s’aventurer hors de sa zone de confort.

8/ TALE OF US — Endless (Deutsche Grammophon)
En signant sur le mythique label allemand Deutsche Grammophon, le duo électronique Tale of Us alias Matteo Milleri et Carmine Conte, crée l’événement. Hommage appuyé aux pionniers Brian Eno, Popol Vuh, Roedelius ou Kraftwerk, l’album Endless mixe musique classique, électronique, cinématographique, ambient et minimalisme. À fort caractère introspectif, les dix titres qui le composent agissent comme des touches impressionnistes tantôt sombres, tantôt exaltées. Une œuvre dense à rebours de leurs précédentes productions, mais fidèle à leur volonté d’explorer un son contemporain.