Playlist Printemps 2019

 

 
JACQUES GREEN
FEVER FOCUS — LuckyMe
Après Feel Infinite, premier album qui a longtemps squatté nos platines et alimenté les dancefloors, l’inventif producteur Jacques Greene revient avec Fever Focus. Un Ep, de six titres, décliné en deux vinyles où le Canadien fait démonstration de sa maîtrise de l’histoire électronique et techno, et semble prendre plaisir à l’expérimentation, à bousculer une fois de plus les codes tout en réaffirmant une sensibilité mélodique à nulle autre pareille. Éthérés, chauds et agrémentés de vocaux hypnotiques, Fever Focus, se démarque en cela de Feel Infinite, mais perpétue cette volonté de faire évoluer la Dance Music vers d’autres horizons. En attendant un futur album, et pour en revenir à notre introduction, ce double vinyle va une fois de plus squatter nos platines.
 
 
FRIEDER NAGEL
DISTRACT ROBOTS — (InFiné)
Salué par les critiques, respecté par ses pairs pour ses projets toutes disciplines confondues, le musicien autodidacte allemand Frieder Nagel nous a fait chavirer vers de lointaines contrées avec ses atmosphères mélancoliques. Homme de l’ombre de grands noms tels David August, Daniel Brandt, il est révélé lors d’une Boiler Room en 2016, par une audacieuse performance avec l’Orchestre Symphonique Allemand. Autant dire que depuis son premier Ep était plus qu’attendu. Et l’on est loin d’être déçu. Immersives, sombres, épures et complexes, de ses compositions émergent une intensité rare et un sens de la mélodie assez exceptionnel. On ne peut que vous inciter à vous perdre à votre tour dans les mélodies et voix majestueuses de ce Distract Robots.
 
 
EMILY WELLS
THIS WOLRD IS TOO… FOR YOU — (Thesis & Instinct Records)
Magistral dès le premier titre Remind Me To Remember, ce nouvel album de l’américaine Emily Wells compte parmi les grands albums de l’année 2019. Mariage insolite entre la pop et la musique de chambre, This World Is Too… For You, conçu avec la complicité du compositeur et violoniste Michi Wiancko et performé par le Metropolis Ensemble, capte, concentre toutes les peurs, les défis que notre monde doit surmonter, mais aussi les espoirs qu’il laisse entrevoir. Cordes, Cor, percussions, synthés, batterie électronique vocodeur, Emily Wells maîtrise, sculpte, mixe, donne corps à un univers à nul autre pareil, le sien, porté par sa voix aux multiples facettes, capable d’émouvoir comme d’alarmer. Un disque majestueux, engagé et terriblement nécessaire.
 
 
 
ALICE ET MOI
FRÉNÉSIE — (Premier Amour)
« J’veux sortir avec un rappeur, j’connaîtrais tout son flow, ses mots par cœur, J’veux sortir avec un rappeur, on irait sur son scoot à cent à l’heure », refrain addictif dès la première écoute, à l’égale de ces chansons électro-pop sucrée qui tout au long d’une journée vous accompagnent et diffusent un sentiment de provocation douce et de légèreté. Alice et moi n’est pas sans rappeler l’espièglerie et la candeur d’une Yelle à ses débuts, à ceci près que derrière cette ancienne élève modèle, se cache une entité féminine au verbe grinçant et à la double personnalité. Musicienne, productrice, chanteuse autodidacte, Alice et moi incarne au mieux cette génération Y et ce second Ep miel – acide en est la démonstration magistrale. Alors fille au cœur grenadine ou bad girl ?