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Rocky
 Combat pop

 

Depuis cinq ans, le groupe lillois Rocky illumine les scènes partout où il passe avec son cross-over malin de pop et de house, d’électro et de rock, saupoudré d’influences eighties. Après un EP éponyme, la formation sort Soft Machines sur Label Gum (Woodkid, The Shoes, Sage). Un premier album au caractère affirmé et aux ambitions pop d’où ressort une voix mâte et séduisante. Inès Kokou (chant) et Laurent Paingault (guitare) reviennent sur la vie du groupe.

Comment s’est faite la rencontre entre les quatre membres de Rocky ?
Laurent — Avec Tom et Olivier, nous avons joué ensemble pendant six ans dans TV Glory, un groupe pop électro, au son très anglais. C’était difficile de travailler avec notre chanteur et nous avons eu envie de faire de la musique sans lui. Quelque chose de plus house, de plus dansant. Nous avons commencé à faire quelques morceaux et on nous a parlé d’une chanteuse. Une jeune Parisienne qui venait de s’installer à Lille pour ses études. Elle avait 20 ans. C’était Inès.

Toi, Inès, tu avais cette envie de chanter depuis longtemps ?
Inès — Cette envie a toujours été présente. Je chantais déjà à la kermesse de mon collège et j’ai fait mon premier groupe au lycée. J’écrivais surtout des chansons, des bouts de texte portés par des mélodies. Des petites histoires comme des nouvelles. Des histoires de femmes qui rêvent de s’épanouir. Je ne m’étais pas du tout dit que je serai chanteuse. Je voulais plutôt travailler dans le secteur de la mode. Avec Rocky, tout s’est fait rapidement.
Laurent — Dès qu’on a travaillé avec Inès, il s’est passé quelque chose : elle a un sacré charisme ! Nous lui avons passé nos premiers morceaux et, en un seul week-end, elle avait déjà collé dessus des paroles. Notamment Just Away qui est sur notre premier maxi.

Entre toi, Inès, et les trois garçons, il y a plus de dix ans d’écart. Est-ce que cela a été un frein pour constituer le groupe ?
Inès — Au contraire. Cela a toujours été hyper cool de travailler ensemble. Nous nous complétons parfaitement.
Laurent — Les échanges entre nous ont tout de suite été très fluides. On se faisait découvrir des groupes, on se faisait des playlists. Et on s’est bien marrés ensemble dès le début.

Qu’est-ce que vous partagez musicalement ?
Laurent — Avec Tom et Olive, nous avons une culture commune, très large, qui va de la pop au funk, du rock à la house. Avec Rocky, nous avons voulu faire une musique dans la lignée de New Order, de Talking Heads, de Hot Chip ou de LCD Soundsystem. Surtout LCD Soundsystem d’ailleurs ! Ce groupe a été important pour nous, notamment par son approche de la scène : il fait de la musique de danse avec des instruments, sans utiliser de séquences. De son côté, Inès a amené à Rocky un côté black music, R’n’B.
Inès — Le rhythm & blues et le R’n’B sont les musiques que j’écoute le plus. De Ray Charles à Beyoncé en passant par Laureen Hill, Michael Jackson ou Marvin Gaye. Ce sont mes idoles de toujours. Et j’écoute aussi pas mal de hip-hop.

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Pourquoi avez-vous pris ce combatif nom de groupe, Rocky ? À quoi faites-vous allusion ? À la boxe ?
Laurent — Ce n’est pas en référence directe à la boxe ou à Sylvester Stallone. On cherchait un nom qui claque, que tout le monde peut comprendre, dans toutes les langues. Un nom d’icône des années 1980, qui fasse partie de la pop culture. De notre culture.

Le groupe existe depuis cinq ans. Vous avez signé très vite avec Label Gum. Pourtant votre premier album ne sort que maintenant.
Laurent — Pierre Le Ny, le boss de Label Gum, a eu un coup de cœur en nous voyant en live en première partie d’Azari & III. Le groupe existait depuis quelques mois. En nous signant, c’était aussi un coup de poker ! Mais il fallait que le groupe mûrisse, que nous écrivions des chansons qui tiennent la route. Nous avons aussi beaucoup tourné pour rôder nos morceaux, avant et après notre EP éponyme sorti en 2013. C’est vrai que quand nous avons signé, nous aurions aimé que tout s’enchaîne rapidement, mais finalement, je crois que c’était nécessaire de prendre ce temps.

Sur votre EP, vous avez travaillé avec Guillaume Brière de The Shoes. Pour votre album, vous continuez avec lui. Comment se déroule cette collaboration ?
Laurent — Toujours sur le même principe. Il écoute nos maquettes, nous conseille d’accentuer certaines parties, certains instruments. Puis nous enregistrons avec une certaine liberté.
Après, Guillaume retravaille notre musique. Il isole des éléments qu’il « resample ». Sur d’autres morceaux, il intervient moins. Son travail pourrait s’apparenter à du remix. Il « pimpe  » les morceaux. C’est comme du tuning !

Trois autres personnes ont été impliquées dans cet album : Olivier Durteste, Eric Broucek et Julien Delfaud.
Laurent — Olivier, c’est le cinquième Rocky. Il n’était pas là au début du groupe, mais depuis, il nous accompagne, à la batterie et aux percussions, en studio comme sur scène. Mais il garde aussi sa liberté, que ce soit pour son projet solo DDDXIE ou quand il joue avec d’autres groupes, comme Cercueil ou The Shoes. Eric Broucek a réalisé le mix de la plupart des morceaux de l’album. Il a travaillé pendant dix ans chez DFA Records, le label de LCD Soundsystem. Il a écouté nos morceaux et a accepté de bosser dessus. C’était cool ! Julien Delfaud, qui travaille déjà avec Woodkid ou Superdiscount, a mixé de son côté deux titres du disque.

L’image est aussi très importante dans la communication de Rocky. Depuis le début, vous travaillez avec René Habermacher et Antoine Asseraf.
Laurent — René, qui est photographe, travaille sur nos pochettes et nos photos de presse. Et Antoine réalise nos clips. Il se dégage toujours quelque chose de fort de leur travail. Sur les photos et les pochettes, Inès est en avant. C’est un parti pris et nous l’avons accepté, mais Rocky est bien un groupe. La pochette de l’EP avec Inès en cagoule était très marquante et nous avons continué dans cette voie pour la pochette de l’album.
Inès — Cette mise en avant, je ne la subis pas, je ne l’exige pas non plus. Ce qui est important, c’est ce qu’il se dégage de notre image.

SOFT MACHINES Lp,
Rocky, Label Gum

Site internet
www.facebook.com/rockyrocksthehouse

Interview : Olivier Pernot