Verlatour

Magistrale incursion dans les musiques électroniques que celle de l’amiénois Jocelyn Soler aka Verlatour, remarqué pour sa participation, entre autres, aux groupes The Name et Wolves & Moons. Aux trois questions aussi basiques que Pourquoi ? Comment ? Quand ? il revient sur la genèse, le process de création et l’avenir de son nouveau projet musical en solo.

Pourquoi ?

A l’été 2013, après la série Bref pour Canal +, je suis parti changer d’air à Berlin. C’est sur place qu’est né le désir de ce projet solo. Le fait de travailler quelques morceaux sur place et l’ambiance créative de cette ville ont suffi à agir sur moi tel un déclencheur. Je disposais de pas mal de morceaux dans des styles Electronica, Indie Dance, que j’avais envie d’explorer. En tant que batteur, j’ai toujours aimé me mettre au service de l’émulsion collective (Apollo, Vadim Vernay…), avec Verlatour, c’est nettement plus introspectif. C’est l’occasion d’aller au bout de mes idées, de ma conception des musiques électroniques.

Comment ?

Je n’ai pas de règles. L’idée peut partir d’un beat, d’une mélodie, de triturages de synthés analogiques. Je pose une ambiance et la fais évoluer. Sur mon 1er Ep Meurtrière, j’ai collaboré avec les musiciens Romain Caron de John Makay, pour les arrangements des titres Meurtrière et Cavale, pour les guitares Fabien Desjardins d’Infected Society et le précieux Emilien Bernaux aka MIM pour le mixage. Les titres de l’Ep sont sur une même lignée, écrits dans le même laps de temps. Mon intention était d’ouvrir sur une ambiance « expectative », des arpèges annonçant la grande cavalcade. Le track Rituel a un caractère beaucoup plus house, dancefloor. Pour le dernier titre Cavale, j’emprunte des voies analogiques et planantes. J’ai trouvé une vraie cohérence à associer ces titres, ainsi que le remix de Museum, plus mental voire hypnotique. Pour les lives à venir, je m’oriente vers une formule hybride entre le Dj set et le live. Je combine et mixe mes tracks avec ceux d’autres artistes tout en jouant aussi des pads électroniques, du clavier. Au final, mes sets sont indéniablement dancefloor.

Quand ?

Le prochain Ep, sortie prévue pour novembre, ne s’émancipe pas trop du premier. J’affirme mon style tout en continuant mon exploration de l’electronica, l’IDM, la house… Je planche aussi sur un inédit pour la 1ère compilation du label Bon Temps, où l’on croisera des musiciens tels Museum, l’amiénois Plastic Yogi Janski Beeeats, Frau SilberFischder…. Ce label, on l’a monté avec Pascal Sanson, c’est une structure du genre « bicéphale » dédiée à la musique et à l’art contemporain. Je gère plutôt la branche musique mais chacun a un regard avisé sur ce que fait l’autre, c’est hyper stimulant. C’est un travail collectif, passionnant, humain. En marge de Verlatour, qui fut la 1ère signature du label, nous sommes en discussion avec des artistes, plutôt émergents, sur des projets d’Eps pour 2015. Promouvoir, valoriser les artistes électroniques en devenir, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, c’est l’un de nos premiers objectifs. Nous n’avons pas d’ambitions démesurées, pas plus qu’avec Verlatour je n’ai de plan de carrière, le plus important est d’avancer, d’explorer, d’agir, de concrétiser. Tant que le plaisir reste intact. Régis le Ruyet.

Verlatour, Ep Meurtrière (Bon Temps records – Believe) disponible sur les sites de téléchargement légaux.

Verlatour & Zombie Zombie, 14 novembre 2014, Inauguration 34ème festival international du film d’Amiens, New Dreams MCA, Réservations Malle à Disques 03 22 72 01 86, Fnac.

Auteur : Régis Le Ruyet
Photographe : Ludovic Leleu